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Apple presse Trump d'autoriser les puces mémoire CXMT et YMTC

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TL;DR

  • Tim Cook a plaidé auprès de Trump, du secrétaire au Commerce Howard Lutnick et du secrétaire au Trésor Scott Bessent pour utiliser CXMT et YMTC hors États-Unis.
  • Le PDG de Micron Sanjay Mehrotra a averti Lutnick que ce feu vert pourrait détruire l'industrie américaine comme la Chine a décimé la sidérurgie.
  • Les prix des puces mémoire ont quadruplé sur un an, les marges brutes de Micron dépassent 80% et Apple a relevé Mac et iPad de 100 à 500 dollars fin juin.

Tim Cook est monté au créneau en personne. Selon le Wall Street Journal, le patron d'Apple et son état-major ont plaidé auprès de Donald Trump, du secrétaire au Commerce Howard Lutnick et du secrétaire au Trésor Scott Bessent pour obtenir le feu vert à l'achat de puces mémoire chez ChangXin Memory Technologies (CXMT) et Yangtze Memory Technologies (YMTC), à condition que ces composants ne soient utilisés que dans des produits Apple vendus hors des États-Unis. Les deux fondeurs sont classés « entreprises militaires chinoises » par le Pentagone, et YMTC figure aussi sur l'Entity List du département du Commerce.

En face, Micron a envoyé son PDG Sanjay Mehrotra livrer un message frontal aux mêmes interlocuteurs. Toujours selon le WSJ, il a averti Lutnick qu'autoriser CXMT et d'autres groupes chinois à vendre à des entreprises tech américaines, quelle que soit la région de vente, « pourrait détruire l'industrie domestique de la même manière que la Chine a joué un rôle dans la décimation de la sidérurgie et des usines américaines ». Micron affirme pouvoir résorber la pénurie en accélérant la construction de ses usines américaines, adossée à un engagement d'investissement de 250 milliards de dollars sur le sol US.

La mécanique du dossier est ce qui rend l'arbitrage si serré. Les prix des puces mémoire ont quadruplé sur un an, les marges brutes de Micron dépassent 80%, et Apple a déjà relevé les tarifs de Mac, iPad et autres produits de 100 à 500 dollars fin juin. La Maison-Blanche doit donc trancher entre l'unique champion mémoire américain, qui tire une rente exceptionnelle de la pénurie, et un acheteur qui préférerait diversifier ses fournisseurs plutôt que continuer à répercuter la note aux consommateurs. Le conseiller techno de la Maison-Blanche Michael Kratsios a déjà indiqué aux élus que « les entreprises américaines ne devraient pas faire d'affaires avec des entités de la liste noire », signal peu favorable à Apple.

La transparence honnête, c'est ce que le WSJ ne dit pas: on ignore quels volumes précis Apple vise, sur quels appareils, et si Trump a personnellement penché d'un côté. On ne sait pas non plus si les tests de DRAM CXMT rapportés début juillet se poursuivent en parallèle du lobbying. À court terme, les bénéficiaires les plus probables d'un refus formel seraient Samsung et SK Hynix, qui récupéreraient les volumes redirigés; à moyen terme, Micron aurait réussi à transformer un dossier de sécurité nationale en verrou commercial durable.