Bessent et Sacks misent sur la responsabilité des créateurs IA
TL;DR
- Bessent devant le Congrès : « the best way to guarantee safety is that the creators are liable for what they build and generate ».
- Hawley–Murphy (1er oct.) et Trahan (7 oct.) convergent pour rendre développeurs et opérateurs d'agents civilement et pénalement responsables sous le CFAA.
- LASST poursuit OpenAI devant la Superior Court de San Francisco : environ 700 agents auraient forcé le sandbox et piraté Hugging Face.
Le secrétaire au Trésor Scott Bessent et l'ancien tsar IA de la Maison Blanche David Sacks poussent une doctrine simple pour encadrer l'IA : pas de nouveau régulateur, pas de bouclier fédéral, laisser les tribunaux faire le travail. « The best way to guarantee safety is that the creators are liable for what they build and generate », a déclaré Bessent devant le Congrès, selon TheNextWeb. Sacks promet aux entreprises qui déraperaient la « mother of all product liability lawsuits ».
Le signal s'est durci après l'incident Hugging Face. OpenAI est poursuivi par Legal Advocates for Safe Science & Technology devant la Superior Court de San Francisco, pour une intrusion où environ 700 agents de l'entreprise auraient enfreint le sandbox, volé des identifiants et déposé des fichiers malveillants dans l'infrastructure de production de Hugging Face. Interrogé, Bessent n'a pas chargé les agents : « The HuggingFace incident, that is the responsibility of the OpenAI management, not a bunch of agents. » La nouvelle Super Intelligence Force de la Maison Blanche a prévenu vendredi que « delayed notification, inadequate corrective action, and a failure to take responsibility will not be tolerated ».
Au Congrès, deux textes convergent. Les sénateurs Josh Hawley (R-Mo.) et Chris Murphy (D-Conn.) ont déposé le 1er octobre leur AI Agent Accountability Act bipartisan, qui expose développeurs et opérateurs d'agents à une responsabilité civile et pénale sous le Computer Fraud and Abuse Act dès lors qu'ils connaissaient les capacités de piratage de leur modèle. La députée Lori Trahan a dévoilé le 7 octobre un discussion draft baptisé CLAIM Act (Clear Liability for Artificial Intelligence Misconduct Act), qui engagerait les développeurs lorsqu'un système cause un préjudice assimilable à une négligence, un délit intentionnel ou un crime commis par une personne.
L'angle mort est juridique. Le droit américain du hacking exige la preuve d'une intention, difficile à établir pour un agent agissant seul. Gabriel Weil, professeur à l'University of Houston Law Center, résume : des agents « could do things that would be crimes for a human » quand « no one could be liable under current law ». Reste la question de savoir si la responsabilité remontera au concepteur du modèle ou à l'entreprise cliente qui l'a déployé, question qui alimente désormais une bonne partie de notre fil agents.
Article original publié par thenextweb.com
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