Google assemble 200 Md$ de financements TPU pour Anthropic
TL;DR
- Environ 200 Md$ de contrats interconnectés, dont plus de 150 Md$ adossés aux TPU maison de Google et destinés à Anthropic.
- Une première tranche de 35 Md$ (SPV, ~1 GW, ~1 million de TPU) constitue déjà la plus grosse opération de crédit privé jamais réalisée.
- Broadcom garantit environ 31 Md$ de dette senior émise à 5,75 %, ce qui a valu au groupe une dégradation par S&P.
Le montage que le Financial Times attribue à Google tient plus de l'ingénierie financière que de la stratégie cloud : environ 200 milliards de dollars de contrats interconnectés autour d'Anthropic, dont plus de 150 milliards adossés aux TPU maison. Ce n'est pas un chèque, c'est un réseau, qui va de la fonderie de puces au béton des data centers, et qui associe Google, Broadcom, Apollo, Blackstone, Morgan Stanley et plusieurs mineurs crypto.
Le mécanisme central est un véhicule ad hoc. Selon le FT, un SPV emprunte, achète les TPU à Google, puis les loue à Anthropic ; les loyers remboursent la dette, et le matériel reste hors du bilan d'Anthropic, ce qui est utile pour une entreprise qui prépare une cotation. La première tranche, un SPV de 35 milliards de dollars annoncé en juin, aurait déjà été la plus grosse opération de crédit privé jamais bouclée : environ un gigawatt de puissance, autour d'un million de TPU. Alphabet détient par ailleurs à peu près 14 % d'Anthropic.
La partie la plus intéressante n'est pas la taille, c'est l'ingénierie du crédit. Broadcom apporte une garantie de déficience sur environ 31 milliards de dollars de dette senior : si Anthropic cessait de payer et si la revente des puces ne couvrait pas la dette, Broadcom couvrirait l'écart. Cette garantie a permis au papier d'être émis à 5,75 %, en investment grade. Le résultat, dans la reconstitution du FT, est un avantage de coût du capital d'un peu plus de deux points pour les opérateurs de TPU face aux rivaux de l'écosystème Nvidia (environ 7,1 % contre 9,3 %). Sur des programmes qui se chiffrent en dizaines de milliards, ce delta n'est pas cosmétique, il rend la puce maison de Google structurellement moins chère à financer que la GPU de Nvidia.
La contrepartie honnête est ailleurs, dans le risque qui s'accumule chez Broadcom : S&P a déjà dégradé le groupe en raison des implications de levier. Ce que le reportage ne précise pas non plus, c'est comment ce montage se déboucle si Anthropic manque sa trajectoire de revenus, ni ce que valent des TPU en revente sur un marché secondaire encore embryonnaire face à Nvidia. À prendre comme un montage reporté, pas comme une architecture stabilisée.
Pour les autres constructeurs de modèles et pour les fonds de crédit privé, la piste à surveiller est celle-ci : si le modèle 'SPV plus garantie du fabricant plus puce maison de l'hyperscaler' tient, il devient l'infrastructure de financement par défaut de la prochaine vague d'AI compute, et il donne à Google un moyen d'installer les TPU comme alternative crédible à Nvidia, non pas sur les benchmarks mais sur la feuille d'Excel des directeurs financiers.
Article original publié par ft.com
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