Kalshi rafle 27 % des paris sportifs pendant la Coupe du monde
TL;DR
- Les marchés prédictifs sont passés de 9 % à 27 % du volume légal de paris sportifs US pendant la Coupe du monde selon H2 Gambling Capital.
- Kalshi a dépassé DraftKings et FanDuel en utilisateurs quotidiens d'appli et affiche plus du double du volume de Polymarket selon Apptopia et Dune Analytics.
- DraftKings et Flutter reculent de plus de 25 % sur l'année pendant que Kalshi tourne à près de dix fois ses niveaux du début 2026.
Un chiffre du dernier reportage de Fortune mérite qu'on s'y arrête, parce qu'il raconte un basculement plus large que la simple météo d'un tournoi. Pendant la Coupe du monde, les marchés prédictifs ont représenté environ 27 % du volume légal de paris sportifs aux États-Unis, contre 9 % en début d'année, selon les estimations de H2 Gambling Capital citées par le média. En quelques mois, une catégorie encore marginale s'est retrouvée à peser près d'un tiers du marché sur son événement phare.
Le détail intéressant : Kalshi, le plus gros acteur, a fait mieux que doubler le pic qu'il avait atteint une semaine avant le début du tournoi, pendant la course en playoffs des Knicks, et tournait à près de dix fois ses niveaux de nombreux moments du début d'année. Sur son application mobile, l'entreprise a affiché plus d'utilisateurs quotidiens que DraftKings ou FanDuel selon les données d'Apptopia, et enregistré plus du double du volume de Polymarket d'après les données Dune Analytics. Côté marchés, les actions DraftKings et Flutter Entertainment sont en recul de plus de 25 % sur l'année.
La raison structurelle de cette bascule tient à un arbitrage réglementaire assez brutal. Il y a moins de deux ans, les exchanges d'événements n'étaient pas autorisés à proposer des paris sportifs. Aujourd'hui, sous la supervision de la Commodity Futures Trading Commission, ils peuvent servir des clients dans les États où le pari sportif reste illégal, et accepter des utilisateurs dès 18 ans, contre 21 pour les produits de jeu classiques. Deux extensions du marché adressable que DraftKings et FanDuel n'ont pas dans leur licence. Ian Moore, analyste chez Bernstein, estime dans Fortune que la percée « met les pieds au feu » des sportsbooks traditionnels pour qu'ils lancent une offre similaire.
L'honnête caveat : le reportage n'indique pas quelle part de la croissance de Kalshi vient de vrais nouveaux utilisateurs et quelle part cannibalise des paris qui seraient de toute façon partis chez un bookmaker, ni comment la marge d'un exchange (frais de trading) se comporte dans la durée face à celle d'un livre traditionnel. La Coupe du monde est aussi, par nature, un pic ; on ne saura qu'après quelques trimestres si la part de 27 % tient hors événement mondial.
Ce qu'il faut surveiller côté opportunité : la capacité de Kalshi et Polymarket, appuyés notamment par Robinhood Markets et Susquehanna International Group, à convertir la base recrutée pendant l'été en usages sport et politique tout au long de l'année, et la réaction des sportsbooks, entre copier le modèle exchange et pousser Washington à refermer la porte réglementaire.
Article original publié par fortune.com
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