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L'avatar IA de Bolsonaro lance la campagne de son fils Flávio

TL;DR

  • Un avatar IA de Jair Bolsonaro, en résidence surveillée, est apparu samedi 26 juillet à la convention du PL pour désigner son fils Flávio candidat à la présidentielle d'octobre 2026.
  • Le clip précisait sa nature synthétique et l'avatar y déclarait: «Aucune prison ne fera taire le sentiment d'espoir que nous avons éveillé.»
  • La fédération Brasil da Esperança (PT, PCdoB, PV) a saisi le TSE, invoquant l'article 36 de la loi 9.504/1997 sur la propagande anticipée et un usage irrégulier de l'IA.

Samedi 26 juillet, à la convention nationale du Parti libéral (PL), un avatar IA de Jair Bolsonaro s'est adressé aux militants pour désigner son fils Flávio candidat à l'élection présidentielle d'octobre 2026. L'ex-président, en résidence surveillée après sa condamnation pour avoir tenté d'inverser le résultat du scrutin de 2022 perdu face à Lula, est interdit de toute communication publique. Selon le Financial Times, le clip commençait par annoncer sa nature artificielle, avant de laisser l'avatar déclarer: «Aucune prison ne fera taire le sentiment d'espoir que nous avons éveillé», et demander au public d'accueillir «la personne que j'ai choisie pour me remplacer».

La riposte judiciaire n'a pas tardé. La fédération Brasil da Esperança, qui regroupe le PT, le PCdoB et le PV, a saisi le Tribunal supérieur électoral (TSE) au motif que la vidéo constitue une propagande électorale anticipée au sens de l'article 36 de la loi 9.504/1997, et un usage irrégulier de l'intelligence artificielle. Le PT a également porté le dossier devant le juge Alexandre de Moraes de la Cour suprême fédérale (STF), arguant que le clip enfreint les restrictions qui empêchent Bolsonaro d'émettre des messages «politico-électoraux». La défense de Flávio Bolsonaro rétorque, dans CNN Brasil, que le contenu ne combinait pas d'images réelles avec des images générées, ne peut donc être qualifié de deepfake, et divulguait explicitement son origine artificielle.

L'enjeu déborde largement le cas Bolsonaro. La question posée au TSE revient à savoir si un avatar IA identifié comme tel peut servir de porte-parole à un candidat privé de parole publique. Une réponse affirmative crée un précédent que d'autres partis, au Brésil comme ailleurs, s'empresseront d'exploiter; une réponse négative obligera la jurisprudence électorale à distinguer synthèse assumée et deepfake trompeur, sans texte spécifiquement écrit pour ce cas.

La zone d'ombre honnête, c'est le rôle réel de l'intéressé: Bolsonaro a répondu à la Cour suprême qu'il n'avait pas autorisé l'usage de son image ni de sa voix, ce qui contredit la logique du meeting. La couverture ne dit pas quel prestataire a produit l'avatar, ni si d'autres apparitions du même type sont prévues d'ici octobre. Ce sont pourtant ces détails qui diront si l'on regarde un coup de communication isolé ou le premier module d'une campagne présidentielle largement pilotée par IA générative.