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L'UE ouvre l'appel d'offres pour sept AI Gigafactories à 30 Md€

TL;DR

  • Bruxelles vise jusqu'à sept AI Gigafactories, contre quatre à cinq initialement prévues, pour un total de 30 milliards d'euros publics et privés cumulés.
  • La Commission a signé des lettres d'intention avec Nvidia, AMD et Qualcomm pour sécuriser l'accès aux puces des consortiums lauréats.
  • Les candidatures sont ouvertes jusqu'au 12 novembre 2026, les lauréats attendus début 2027 et une mise en service 18 mois plus tard.

Bruxelles a officiellement mis sa réponse au duo OpenAI/Anthropic sur la table, et le format est plus ambitieux que ce que la Commission avait laissé entendre au printemps. Selon Euronews, l'appel à projets ouvert le 30 juillet vise jusqu'à sept AI Gigafactories, contre quatre à cinq initialement prévues, avec un dépôt des candidatures fixé au 12 novembre 2026.

La mécanique financière repose entièrement sur l'effet de levier. La Commission mobilise environ 10 milliards d'euros d'argent public, entre budget européen et cofinancements nationaux, pour tirer 20 milliards de capital privé, soit un total visé de 30 milliards. C'est là que le montage reste fragile: seul 1 milliard est fermement engagé à ce stade, le reste étant conditionné au prochain cadre financier pluriannuel, ce que les fonctionnaires de la Commission eux-mêmes ont reconnu.

Sur les puces, Bruxelles a choisi la pragmatique plutôt que la souveraineté proclamée. La Commission a signé des lettres d'intention avec Nvidia, AMD et Qualcomm pour garantir aux consortiums l'accès au matériel, dans la foulée de l'accord commercial entre l'UE et les États-Unis, comme le rapporte le WSJ. Henna Virkkunen, vice-présidente exécutive à la Souveraineté technologique, à la Sécurité et à la Démocratie, présente l'initiative comme «a strategic necessity» pour l'autonomie technologique européenne, formule qui masque mal la dépendance persistante aux trois fournisseurs américains.

Les candidats potentiels ne manquent pas. Dix pays ont manifesté leur intérêt, dont l'Allemagne, la France, l'Italie, la Pologne, la Tchéquie, le Danemark, la Finlande, la Grèce, le Portugal et l'Espagne, et 76 consortiums avaient déjà répondu à l'appel préliminaire. Ce que la couverture ne dit pas: comment la Commission arbitrera entre équilibre géographique et mérite technique, ni comment la part publique de compute sera répartie entre laboratoires de recherche et entraînement commercial de LLM.

Le calendrier est le point à surveiller. Les lauréats devraient être désignés début 2027, pour une mise en service opérationnelle 18 mois après la signature des contrats, soit courant 2028. Les gagnants immédiats seront les opérateurs de datacenters européens ancrés dans les consortiums retenus et les startups, PME et universités qui obtiendront un accès subventionné au compute; tout le reste dépendra du prochain cadre budgétaire européen.