L'Université du Tennessee attaque Anthropic sur des brevets IA
TL;DR
- La University of Tennessee Research Foundation attaque Anthropic devant le tribunal fédéral du Delaware pour contrefaçon de deux brevets sur les réseaux de neurones.
- Les brevets, déposés par des professeurs de Knoxville, couvrent l'apprentissage automatique, le calcul neuromorphique et le computing inspiré des neurosciences.
- C'est le premier procès en brevet visant Anthropic, déposé le jour même où un juge californien a validé son règlement copyright à 1,5 Md$.
La University of Tennessee Research Foundation a déposé lundi devant le tribunal fédéral du Delaware une plainte pour contrefaçon de brevets contre Anthropic, rapporte Reuters dans une dépêche rendue publique mardi. Elle vise deux brevets couvrant des contributions en intelligence artificielle, en apprentissage automatique, en calcul neuromorphique et en computing inspiré des neurosciences, inventés par des professeurs de l'université à Knoxville.
Le bras de recherche de l'université y écrit noir sur blanc que « Anthropic's cavalier approach to others' intellectual property rights in the development of its products extends beyond the use of copyrighted material », formulation qui inscrit d'emblée l'affaire dans le prolongement des batailles copyright déjà coûteuses pour la société. La fondation réclame des dommages-intérêts d'un montant non précisé et une injonction interdisant toute nouvelle utilisation de la technologie brevetée.
Pourquoi c'est un tournant : selon la reprise de Yahoo Finance, il s'agit du premier procès en brevet visant Anthropic, et il intervient après l'homologation par un juge fédéral californien du règlement à 1,5 milliard de dollars conclu avec des auteurs sur l'usage de leurs œuvres pour l'entraînement. Le front juridique se déplace : après la question des données d'entraînement, c'est la couche technologique elle-même qui devient contestable devant un juge.
Le bémol honnête, c'est que la dépêche reste maigre. Ni les numéros de brevets, ni les produits Anthropic spécifiquement visés, ni un éventuel refus de licence préalable ne sont détaillés, et l'université comme Anthropic n'ont pas répondu aux sollicitations. Il faudra lire la plainte complète pour juger de la solidité des revendications et du périmètre réel de l'injonction demandée.
Reste que les bureaux de transfert de technologie des grandes universités, longtemps spectateurs de la ruée sur les modèles de fondation, tiennent peut-être là un premier modèle réplicable. Si Knoxville obtient une transaction, d'autres campus au portefeuille de brevets IA bien garni testeront vraisemblablement la même porte.
Article original publié par reuters.com
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