Mercor: 2 Md$ de revenu brut annualisé, adossés aux labs IA
TL;DR
- Mercor a franchi 2 Md$ de revenu brut annualisé en juin 2026, contre 760 M$ fin 2025, en doublant son rythme depuis février.
- Les principaux clients incluent OpenAI, Anthropic, Meta et six des Magnificent Seven, parmi lesquels Alphabet, Amazon et Google.
- Entre 60 % et 70 % du revenu brut est reversé aux contractants experts, ce qui écrase fortement le revenu net conservé par la société.
Une histoire de croissance qui ressemble à un chef-d'œuvre de sales machine dépend en réalité d'un très petit nombre de clients, et The Information le documente à partir de pièces internes. Mercor, la startup de moins de trois ans dont les trois cofondateurs sont devenus les plus jeunes milliardaires self-made de l'histoire, a franchi les 2 Md$ de revenu brut annualisé en juin 2026, contre environ 760 M$ à fin 2025.
Le rythme lui-même est frappant. Le cap du 1 Md$ n'a été franchi qu'en février 2026, ce qui signifie que le run rate a doublé en quatre mois. Le modèle est simple à décrire, plus subtil à faire fonctionner: Mercor recrute des PhD, des avocats, des médecins et des scientifiques, puis facture aux clients l'accès à ces experts pour évaluer et affiner les réponses des modèles. Parmi ces clients: OpenAI, Anthropic, Meta et six des Magnificent Seven, dont Alphabet, Amazon et Google. L'accélération s'est amplifiée en 2025 après l'entrée de Meta au capital de Scale AI pour 14,3 Md$, qui a poussé plusieurs labs à couper les ponts avec Scale au nom de la neutralité concurrentielle.
Il faut une nuance importante que les chiffres bruts masquent, et que rappelle un autre reportage de The Information: entre 60 % et 70 % du revenu top-line est reversé aux contractants qui font effectivement le travail d'annotation. Les 2 Md$ mis en avant ne sont donc pas ce qui reste dans les caisses. La société est présentée comme rentable en free cash flow depuis le début de 2026.
La partie que la couverture n'éclaire pas frontalement est la concentration client. Perdre ou même ralentir un seul contrat majeur avec OpenAI ou Anthropic aurait un impact démesuré sur la trajectoire, et l'attaque de la supply-chain via la librairie LiteLLM en mars 2026, qui aurait exposé jusqu'à 4 To de données internes et déclenché plusieurs class-actions, a rappelé la fragilité opérationnelle du modèle. Mercor a néanmoins conservé ses grands clients à l'issue de cet épisode.
Ce qui rend l'entreprise intéressante à surveiller n'est pas la valorisation, actuellement évoquée autour de 20 Md$ pour une levée en cours, c'est ce que la structure de son chiffre dit du cycle: si la valeur d'un modèle frontière tient de plus en plus à la qualité de l'expertise humaine qui l'évalue, alors les orchestrateurs de talents deviennent une infrastructure aussi stratégique que les GPU, à condition de ne pas rester adossés à deux acheteurs.
Article original publié par theinformation.com
Lire l'article original →Titre original : The Information : Mercor génère 614 M$ de revenu brut au S1 2026, dont 91 % via OpenAI et Anthropic