Nvidia détaille Vera : 88 cœurs Olympus pour l'IA agentique
TL;DR
- Vera embarque 88 cœurs Olympus et 176 threads SMT, avec 164 Mo de cache L3 unifié partagé sur toute la puce.
- La mémoire modulaire SOCAMM2 LPDDR5X délivre jusqu'à 1,2 To/s au total, soit environ 14 Go/s par cœur.
- Nvidia revendique jusqu'à 1,8× la performance des CPU x86 traditionnels sur les charges de travail agentiques.
Nvidia vient de lever le voile sur les détails techniques de Vera, son premier CPU serveur pensé pour l'ère agentique, dans un billet publié sur son blog développeur. La puce embarque 88 cœurs Olympus, 176 threads SMT, 164 Mo de cache L3 unifié et une bande passante mémoire agrégée pouvant atteindre 1,2 To/s via des modules SOCAMM2 LPDDR5X.
Le pari architectural est explicite dans le billet. Les agents passent leur temps à orchestrer du code dans des sandboxes, appeler des outils, interroger des bases et analyser des résultats avant de revenir au modèle. Ce sont des chemins critiques irréguliers, mal servis par les CPU serveurs classiques qui misent sur la fréquence brute. Vera fait le pari inverse: un cœur large qui partitionne les ressources entre deux threads matériels au lieu de les laisser se battre, un cache L3 monolithique de 164 Mo, et un prédicteur de branchement neuronal capable de traiter jusqu'à deux branches prises par cycle.
Côté connectique, la puce intègre PCIe 6.4, CXL 3.1 pour l'extension mémoire cohérente, et une seconde génération de NVLink-C2C pour relier deux sockets dans un domaine NUMA unique. La fabric interne monte à 3,4 To/s. Nvidia met aussi en avant une isolation par VM confidentielle bâtie sur Arm CCA/RME, intégrée à la plateforme Vera Rubin NVL72.
Le chiffre marketing à retenir est celui affiché en légende du graphique de Nvidia: Vera livrerait jusqu'à 1,8× la performance des CPU x86 traditionnels sur les charges agentiques. Prenez-le pour ce qu'il est, une revendication constructeur sans benchmark tiers ni détail de configuration. Ce que le billet ne précise pas non plus, c'est le prix, la date exacte de commercialisation ou la consommation par socket, autant de données que les acheteurs de racks IA attendront avant de trancher.
Pour Nvidia, l'enjeu dépasse la fiche technique. Avec Vera, l'entreprise verrouille sa pile matérielle de bout en bout, du CPU au GPU en passant par l'interconnect, sur le segment le plus rentable du marché serveur. Les DSI qui misaient sur des architectures multi-fournisseurs devront décider si cette intégration verticale vaut le coût du verrouillage.
Article original publié par developer.nvidia.com
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