Nvidia investit 5 Md$ dans Safe Superintelligence à 32 Md$
TL;DR
- Nvidia met environ 5 milliards de dollars dans Safe Superintelligence, portant la valorisation post-money du laboratoire d'Ilya Sutskever à 32 milliards.
- Le partenariat de long terme donne à SSI un accès prioritaire à la plateforme Vera Rubin de Nvidia, avec un compute promis multiplié par un ordre de grandeur.
- Deux ans après sa sortie de stealth, SSI a levé au total 7 milliards de dollars sans avoir encore livré le moindre produit commercial.
Un laboratoire qui n'a rien mis sur le marché, deux ans après sa sortie de stealth, vient d'être valorisé 32 milliards de dollars et se voit promettre dix fois plus de compute par son fournisseur de puces. C'est le résumé le plus honnête de l'accord entre Safe Superintelligence et Nvidia annoncé ce 27 juillet.
Selon TechCrunch, qui s'appuie sur des chiffres rapportés par Bloomberg, Nvidia injecte environ 5 milliards de dollars dans SSI, ce qui porte le total levé par la société d'Ilya Sutskever à 7 milliards et sa valorisation post-money à 32 milliards. Le partenariat, présenté comme un accord stratégique de long terme, donne à SSI un accès à la plateforme GPU Vera Rubin et prévoit une collaboration sur les futures générations de compute. « We have research that is worthy of scaling up », déclare Sutskever, ajoutant que l'accès à « a big NVIDIA computer » doit faire passer ses travaux « to the next level ».
Ce qui rend l'opération intéressante, c'est le glissement de rôle de Nvidia. Le chipmaker était déjà un investisseur existant de SSI ; il devient maintenant un partenaire capitalistique majeur d'un des laboratoires d'AGI les plus fermés du marché, aux côtés d'Andreessen Horowitz, Alphabet, Lightspeed, GV et Sequoia. Cela verrouille par avance une part de la demande sur Vera Rubin, et cela s'ajoute à l'accord noué en 2025 par SSI avec Google Cloud pour faire tourner ses opérations de recherche. Deux hyperscalers, un fondeur, aucun produit : la thèse assumée est que le compute est le seul actif défendable à ce stade de la course.
La réserve honnête, c'est que la promesse d'un compute multiplié par « an order of magnitude » dépend de la livraison à l'heure de Vera Rubin, dont le calendrier public reste flou, et que 32 milliards de valorisation pour une équipe sans produit est un pari sur la personne de Sutskever autant que sur la recherche. Ce que le reportage ne dit pas non plus, c'est la structure du deal (part cash vs crédits compute), ni comment la capacité Vera Rubin se répartira avec l'accord Google Cloud existant.
Pour les autres frontier labs, le signal est clair : la barre d'accès au compute frontière vient de monter d'un cran, et il faudra soit un chèque Nvidia, soit un adossement hyperscaler du même ordre pour rester dans la course sur les prochains cycles d'entraînement.
Article original publié par techcrunch.com
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