Oligo Security lève 60 M$ pour bloquer les exploits en runtime
TL;DR
- Oligo Security lève 60 M$ auprès de Ballistic Ventures, Lightspeed, Greenfield Partners, TLV, Canon Capital, Red Dot et Eyal Waldman, portant son cumul à 140 M$.
- La startup revendique une croissance de 300 % de son ARR sur un an et une valorisation plus que doublée depuis sa Series B de 50 M$ de janvier 2025.
- Son module Runtime Exploit Blocking, lancé en avril 2026, cible des classes de techniques d'attaque via eBPF pour couvrir zero-days et n-days.
Un tour de 60 millions de dollars pour une boîte de sécurité runtime, pris seul, ne raconte pas grand-chose. Ce qui le rend intéressant, c'est le raisonnement affiché par Oligo Security pour justifier la levée, rapporté par SiliconANGLE : l'IA a changé l'économie de l'exploitation, et quand les attaquants trouvent des failles et fabriquent des exploits à la vitesse machine, la couche runtime devient, selon le CEO et co-fondateur Nadav Czerninski, le seul endroit où l'on peut réellement mesurer le risque exploitable.
Le tour, soutenu par Ballistic Ventures, Canon Capital, Greenfield Partners, Lightspeed, Red Dot Capital Partners, TLV Partners et l'investisseur individuel Eyal Waldman (co-fondateur de Mellanox, racheté par Nvidia pour 6,9 milliards de dollars), porte le cumul à 140 millions. La valorisation aurait plus que doublé depuis la Series B de 50 millions menée par Greenfield Partners en janvier 2025. La société revendique une croissance de 300 % de son ARR sur un an, chiffre à prendre tel que reporté par l'entreprise.
Ce qu'Oligo vend concrètement, c'est un agent basé sur la technologie eBPF intégrée au noyau Linux, qui observe quelles fonctions de bibliothèque sont réellement appelées par une charge en production. L'idée est de trier les CVE remontées par les scanners statiques : une faille dans une lib jamais exécutée n'est pas une urgence. En avril 2026, la startup a ajouté Runtime Exploit Blocking, censé bloquer non pas des CVE individuelles mais des classes de techniques d'attaque, ouvrant la voie à du patch virtuel entre deux cycles de mise à jour, y compris contre des zero-days et n-days partageant des patrons similaires.
Deux détails de distribution méritent l'attention. Depuis février 2026, Oligo est présenté comme le partenaire exclusif de sécurité IA runtime pour l'offre étendue d'AWS Security Hub. En juin 2026, la société a rejoint le programme FedStart de Palantir Technologies pour accélérer ses certifications FedRAMP High et DoD Impact Level 5, autrement dit le marché fédéral américain. Brad Arkin, ancien chief trust officer de Salesforce, appuie l'argumentaire en défendant que le runtime est le seul endroit où l'on peut déterminer précisément ce qui est vraiment exploitable.
Le point honnête à retenir : le compte-rendu ne donne ni la valorisation chiffrée, ni le nombre de clients, ni de benchmark tiers sur l'efficacité réelle du Runtime Exploit Blocking, et l'exclusivité AWS reste une dépendance stratégique. Reste que la thèse, celle d'un déplacement de la sécurité applicative du pipeline CI/CD vers l'exécution en production, est celle sur laquelle les RSSI et les architectes cloud vont devoir se positionner dans les prochains trimestres.
Article original publié par siliconangle.com
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