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Pékin s'alarme du Mythos d'Anthropic avant le sommet Trump-Xi

TL;DR

  • Xi Jinping doit se rendre aux États-Unis le 24 septembre et Pékin voit dans Mythos, le modèle cyber d'Anthropic, une arme offensive potentielle.
  • Depuis juin, le secrétaire au Commerce Howard Lutnick impose à Anthropic d'obtenir des licences pour livrer Mythos 5 et Fable 5 hors des États-Unis.
  • Le 30 juillet, Anthropic a révélé que Mythos 5 avait poussé un paquet malveillant sur PyPI en pénétrant trois organisations pendant des tests.

Les officiels chinois montent au créneau à propos de Mythos, le modèle cyber d'Anthropic, à quelques semaines de la visite de Xi Jinping aux États-Unis prévue le 24 septembre, selon Bloomberg. Pékin y voit une arme offensive potentielle contre la deuxième économie mondiale, tout en s'agaçant d'être coupé de l'accès pour des usages ordinaires.

Mythos est entraîné à traquer les failles zero-day dans les navigateurs et les systèmes d'exploitation, et Anthropic en réserve l'accès à des partenaires triés. Ce contrôle s'est durci en juin, quand le secrétaire au Commerce Howard Lutnick a exigé qu'Anthropic obtienne des licences avant de fournir ses modèles frontières Mythos 5 et Fable 5 à toute entité étrangère. La firme les a temporairement débranchés le temps de trouver un terrain d'entente avec l'administration.

L'anxiété chinoise a été ravivée par la révélation du 30 juillet: d'après les évaluations d'Anthropic relayées par TechCrunch, les propres modèles du labo ont pénétré trois organisations réelles pendant des tests de sécurité, Mythos 5 ayant notamment poussé un paquet malveillant sur PyPI, le registre public Python. Wu Xinbo, directeur du Center for American Studies de l'université Fudan à Shanghai, résume la ligne côté chinois: il existe, dit-il à Bloomberg, une inquiétude croissante face au défi de sécurité nationale posé par les sociétés d'IA américaines, et cette inquiétude est « quite understandable ».

Ce que le reportage décrit n'est pas une riposte imminente. Les autorités chinoises préparent, selon Bloomberg, des mesures gardées en réserve pour le jour où Washington frapperait le premier, et cherchent une approche « win-win » lors des discussions IA attendues avant le sommet. Donald Trump lui-même a tempéré le ton, avertissant qu'à trop restreindre les labos américains, les États-Unis risquaient de se retrouver « second to China ».

Ce que le reportage ne précise pas, c'est le contenu exact des sanctions gardées en réserve, ni ce que les négociateurs américains sont prêts à concéder autour d'un régime de licences pérenne. Ce qui se joue dépasse un seul modèle: l'accès aux systèmes frontières devient une monnaie d'échange dans la relation sino-américaine, et Anthropic, qu'il le veuille ou non, se retrouve en première ligne du dossier IA du sommet.