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Switch dépose un dossier d'IPO confidentiel proche de 50 Md$

TL;DR

  • L'opérateur de data centers Switch a déposé confidentiellement un dossier d'introduction en Bourse aux États-Unis, avec une cotation envisagée dès novembre.
  • La valorisation ciblée avoisinerait 50 milliards de dollars, dette incluse, contre 11 milliards en 2022 lors du rachat par DigitalBridge et IFM Investors.
  • Ben Horowitz rejoint le board, pendant qu'Andreessen Horowitz mène un tour privé parallèle d'environ 2 milliards de dollars.

Le tempo raconte autant que la valorisation. Selon Bloomberg, l'opérateur de data centers Switch a déposé confidentiellement un dossier d'introduction en Bourse aux États-Unis, avec une cotation envisagée dès novembre. La cible de valorisation, dette incluse, avoisinerait 50 milliards de dollars, à mettre en regard des 11 milliards, dette comprise, payés en 2022 par le consortium mené par DigitalBridge et l'australien IFM Investors pour privatiser l'entreprise basée à Las Vegas.

L'enjeu dépasse le seul cas Switch. DigitalBridge a accepté l'an dernier d'être racheté par SoftBank, et une sortie boursière à ce niveau donnerait au groupe japonais une fenêtre de cristallisation sur un actif dont la thèse a été profondément rebattue par la demande d'infrastructure IA. Le tour de table des banques (Bank of America, Citigroup, Goldman Sachs, JPMorgan et Morgan Stanley) confirme une opération de premier plan, calibrée pour un livre d'ordres large.

À cela s'ajoute un signal capitalistique privé. Ben Horowitz, cofondateur d'Andreessen Horowitz, rejoint le conseil d'administration de Switch, tandis que sa firme mène en parallèle un tour d'environ 2 milliards de dollars visant une valorisation d'ordre de grandeur similaire, selon les informations reprises par Reuters. Le message envoyé aux investisseurs publics est lisible: un fonds de capital-risque emblématique ancre le dossier avant l'IPO.

L'honnête réserve, c'est ce que le reportage ne dit pas. Ni les revenus, ni les marges, ni les taux d'occupation des sites du Nevada, Michigan, de Géorgie et du Texas ne sont divulgués, et la part exacte de dette dans les « près de 50 milliards » reste floue. La fenêtre de novembre est aussi conditionnée à l'humeur des marchés et à la persistance de la demande capex des hyperscalers, deux variables notoirement volatiles. À prendre, donc, comme un projet reporté, pas comme une opération scellée.

Si le dossier se concrétise à la valorisation évoquée, il fixera une nouvelle référence pour les opérateurs cotés du secteur et validera la thèse « capex physique » de l'IA au niveau des marchés publics. À l'inverse, un ajustement du prix en cours de route se lirait, à tort ou à raison, comme le premier signe d'essoufflement de l'appétit boursier pour les infrastructures IA.