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Anthropic négocie 10 Md$ de compute avec Meta sur deux ans

TL;DR

  • Selon le New York Times, Meta et Anthropic discutent d'un contrat d'environ 10 milliards de dollars sur deux ans pour héberger les modèles Claude.
  • Anthropic aurait fait la proposition en juin et les discussions sont décrites comme très préliminaires par les médias qui les rapportent.
  • L'accord marquerait l'entrée de Meta dans le cloud, dans le sillage d'un capex 2026 relevé de 125 à 145 milliards de dollars le 29 avril.

Le New York Times rapporte, via des reprises de CNBC et Seeking Alpha, que Meta et Anthropic discutent d'un contrat d'environ 10 milliards de dollars sur deux ans, dans lequel Meta fournirait la puissance de calcul cloud nécessaire à faire tourner la famille de modèles Claude. Selon ces mêmes reprises, c'est Anthropic qui aurait fait la proposition en juin, et les négociations sont décrites comme très préliminaires.

Le montant est spectaculaire, mais l'angle vraiment intéressant est ce que Meta ferait en signant. Mark Zuckerberg a déclaré en mai, lors de l'assemblée annuelle, vouloir entrer dans le cloud computing si l'entreprise dispose de capacité excédentaire à vendre, avec l'objectif explicite de montrer aux investisseurs que Meta peut monétiser son investissement IA au-delà de l'amélioration de ses produits existants. Le contexte financier rend cette pression tangible: le 29 avril, Meta a relevé son objectif de capex 2026 à 145 milliards de dollars contre 125 précédemment, et le titre avait perdu plus de 6% en séance après-marché à l'annonce.

Le mouvement s'inscrit aussi dans une nouvelle géographie de l'approvisionnement compute pour Anthropic. Quelques semaines plus tôt, la société avait acté un accord avec SpaceX pour utiliser le centre de données Colossus 1 à Memphis, au tarif d'environ 1,25 milliard de dollars par mois jusqu'en mai 2029, chaque partie pouvant résilier avec 90 jours de préavis. Ajouter Meta constituerait un troisième canal d'approvisionnement en dehors des hyperscalers historiques AWS et Google Cloud.

La mise en garde honnête, c'est que la presse insiste sur le caractère préliminaire des discussions, et que le reportage ne détaille ni les modalités de paiement, ni les clauses de sortie du contrat Meta, ni les GPU ou data centers visés. Le chiffre de 10 milliards de dollars est un plafond envisagé, pas un contrat signé, et Zuckerberg lui-même a indiqué que Meta n'a pas encore tranché entre vendre du compute brut ou de l'accès à des modèles hébergés.

Ce qui vaut la peine d'être surveillé, c'est le basculement stratégique qu'une signature acterait: le troisième plus gros investisseur mondial en infrastructure IA devient fournisseur pour un concurrent direct de son propre modèle Llama, et l'infrastructure cesse d'être un jeu à trois entre AWS, Azure et Google.