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Arena, le leaderboard IA, atteint 100 M$ d'ARR en huit mois

TL;DR

  • Arena annonce 100 M$ de revenus annualisés huit mois après le lancement de son service AI Evaluations, contre 30 M$ en décembre 2025.
  • Anastasios Angelopoulos, CEO et cofondateur, précise que la facturation à la consommation rend ce chiffre ARR non réellement récurrent.
  • Cofondée à UC Berkeley avec Wei-Lin Chiang et Ion Stoica, Arena a levé 250 M$ pour une valorisation de 1,7 Md$ en janvier 2026.

Quand un projet open source né à UC Berkeley se met à facturer cent millions de dollars par an, la question n'est pas seulement "comment", c'est aussi "à quel point ce chiffre veut dire ce qu'il prétend dire". Arena, le tableau de classement crowdsourcé que tout le secteur consulte pour comparer les modèles d'OpenAI, d'Anthropic ou de Google, affiche désormais 100 M$ de revenus annualisés, selon TechCrunch, huit mois après le lancement de son service payant AI Evaluations.

La progression est rapide. La société avait atteint 30 M$ annualisés en décembre 2025, et elle a donc plus que triplé depuis. Le produit vendu aux labos et aux entreprises s'appuie sur les analyses détaillées issues de la communauté d'utilisateurs qui fait tourner le leaderboard gratuit. Arena est cofondée par Anastasios Angelopoulos, aujourd'hui CEO, par le postdoctorant de Berkeley Wei-Lin Chiang, CTO, et par Ion Stoica, professeur à Berkeley et cofondateur de Databricks, qui a conseillé le projet avant son incorporation en avril 2025.

Le détail qui mérite d'être souligné, et qu'Angelopoulos pose lui-même, c'est que ce chiffre calculé en ARR ne correspond pas à un revenu réellement récurrent. La facturation est à la consommation. Autrement dit, le 100 M$ est une extrapolation du rythme actuel, pas un portefeuille de contrats reconductibles. Le CEO confie également que beaucoup d'observateurs ne réalisent pas qu'Arena gagne de l'argent du tout, les gens "still see them as an open source project".

L'arrière-plan financier complète le tableau. Arena a levé au total 250 M$ auprès de Felicis, Andreessen Horowitz, The House Fund, LDVP, Kleiner Perkins, Lightspeed Venture Partners, Laude Ventures et UC Investments, pour une valorisation de 1,7 Md$ lors de la Série A annoncée en janvier 2026. Le pari implicite des investisseurs est qu'un arbitre neutre des performances IA peut devenir une infrastructure payante du secteur, plutôt qu'un classement consulté gratuitement.

La mise en garde honnête, c'est que la matière communiquée n'inclut ni la liste nominative des clients payants, ni la marge, ni la rétention au-delà de l'instantané. Et la position d'arbitre payée par les labos qu'elle classe restera scrutée. Pour qui suit le marché des évaluations IA, ce qu'il faut regarder dans les prochains trimestres, c'est moins la trajectoire du chiffre que sa qualité: clients récurrents identifiés, persistance de la consommation, et capacité d'Arena à tenir la neutralité qui fait justement sa valeur.