theinformation.com détecté sur le web

ASML pousse ses prix à la hausse malgré la résistance de TSMC

TL;DR

  • Selon The Information, ASML négocie des hausses de prix sur ses équipements et se heurte à la résistance de TSMC, son plus gros client.
  • Certains clients chinois auraient accepté une augmentation de 10 % sur les lignes DUV, moins avancées que l'EUV.
  • Le CFO Roger Dassen évoque un « pouvoir de fixation des prix renforcé », alors que la capacité EUV est quasi réservée jusqu'à fin 2027.

Le rapport de force entre ASML et son plus gros client mérite l'attention parce qu'il touche au verrou le plus tendu de la chaîne des puces IA. The Information rapporte qu'ASML cherche à relever les prix de ses équipements de lithographie et que TSMC, de loin son premier client, oppose une résistance frontale à ces discussions.

Les ordres de grandeur, tels que rapportés, restent asymétriques. Côté DUV, la génération moins avancée, certains clients chinois auraient accepté une hausse de 10 %. Côté EUV, la génération de pointe, la négociation se joue plutôt sur le principe : le CFO Roger Dassen a évoqué, selon Reuters, un « meilleur pouvoir de fixation des prix » et « une piste solide pour de futures améliorations tarifaires », dans un contexte où la capacité EUV du groupe est quasi réservée jusqu'à fin 2027.

Le caveat honnête, c'est que le reporting ne chiffre pas la hausse visée sur l'EUV et ne dit pas si Samsung ou Intel négocient sur les mêmes bases. Il faut aussi lire ce bras de fer à la lumière d'un précédent récent : Bloomberg avait déjà rapporté que TSMC repoussait l'adoption des machines high-NA EUV, facturées plus de 350 millions d'euros (410 millions de dollars) l'unité, jugées « very, very expensive » par son Deputy Co-COO Kevin Zhang. L'action ASML avait alors reculé de 3,3 %.

Ce qui se dessine, à prendre comme signal plutôt que comme trajectoire actée, c'est un marché à deux vitesses. Un ASML qui monétise sa position quasi exclusive sur la lithographie de pointe, plus vite auprès des acheteurs chinois privés d'alternative que face à un TSMC en position de dire non. Le vrai test viendra de savoir si le carnet de commandes tient assez pour que le pricing power du CFO se traduise en marges publiées, ou si le premier client finit par imposer son tempo.