Bruxelles approuve 659 M€ pour quatre usines de puces allemandes
TL;DR
- La Commission européenne a autorisé 659 M€ (751 M$) d'aides d'État allemandes pour quatre projets de semi-conducteurs qualifiés de « first-of-a-kind ».
- Répartition : 353 M€ pour un site SiC à Baesweiler, 214 M€ pour des MOSFET de puissance à Itzehoe, 74 M€ pour Weilburg et 18 M€ pour Munich.
- La vice-présidente exécutive Teresa Ribera y voit la traduction concrète des ambitions du Chips Act en projets industriels identifiés.
Bruxelles a signé mardi 14 juillet un chèque de 659 M€ (751 M$) au bénéfice de l'industrie allemande des semi-conducteurs, réparti entre quatre projets qualifiés de « first-of-a-kind ». Selon le reportage Reuters, la Commission a autorisé ces aides d'État pour couvrir des maillons ciblés de la chaîne de valeur plutôt qu'un grand fab logique de plus.
La répartition raconte à elle seule la stratégie retenue. 353 M€ vont à une usine de carbure de silicium à Baesweiler, en Rhénanie-du-Nord-Westphalie ; 214 M€ à des MOSFET de puissance (« Silicon Power MOSFETs ») à Itzehoe, dans le Schleswig-Holstein ; 74 M€ à des équipements de métrologie optique et film à Weilburg, en Hesse ; 18 M€ enfin à deux sites spécialisés à Munich. On est loin d'un pari sur les nœuds logiques avancés : l'Allemagne consolide plutôt des maillons spécialisés autour du fab.
Pour la vice-présidente exécutive Teresa Ribera, cette approbation « montre que l'Europe transforme les ambitions du Chips Act en actions ». Le message adressé aux industriels est simple : les aides ne restent plus une intention politique, elles sortent projet par projet, fléchées par site et par technologie. C'est un signal utile pour un fournisseur qui doit décider où poser sa prochaine ligne à l'horizon de cinq ans.
Le communiqué relayé reste avare de détails qu'on aimerait avoir. Les entreprises bénéficiaires derrière chaque site ne sont pas nommées, les capacités de production visées ne sont pas chiffrées, et la part de cofinancement privé n'est pas précisée. À prendre donc comme un signal de politique industrielle assumée, pas comme un dossier d'investissement complet.
Reste que la mécanique du Chips Act commence à produire son effet le plus utile : rendre l'Europe prévisible pour l'industrie. Les Länder qui ont su faire remonter des projets, NRW, Schleswig-Holstein, Bavière, Hesse, récoltent aujourd'hui ; les autres regarderont ce précédent avec attention.
Article original publié par reuters.com
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