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Csquare vise 1,35 Md$ au NYSE pour une valeur de 4,18 Md$

TL;DR

  • Csquare propose 50 millions d'actions entre 23 et 27 dollars pour lever jusqu'à 1,35 milliard, valorisant la société à 4,18 milliards au haut de fourchette.
  • Brookfield a bâti Csquare via le rachat d'Evoque à AT&T pour 1,1 milliard en janvier 2019, puis la reprise de Cyxtera pour 775 millions en janvier 2024.
  • Csquare cotera sous CSQR au NYSE avec Morgan Stanley et TD Securities, revendiquant plus de 500 MW opérationnels et 200 MW prêts à extension.

Le prix de l'IPO de Csquare vient de tomber, et l'écart entre l'ambition privée et la réalité publique est le vrai signal. La société contrôlée par Brookfield, ancienne Cyxtera relancée sous nouvelle bannière, vise 1,35 milliard de dollars en cédant 50 millions d'actions entre 23 et 27 dollars, d'après Bloomberg. Le haut de la fourchette valorise Csquare à 4,18 milliards de dollars, un chiffre à comparer aux anticipations informelles antérieures qui évoquaient 8 à 12 milliards.

L'historique de l'actif explique la prudence des placeurs. Brookfield a assemblé Csquare en deux temps: le rachat d'Evoque à AT&T en janvier 2019 pour 1,1 milliard de dollars, puis la reprise de Cyxtera en janvier 2024 pour 775 millions, après que celle-ci, introduite via SPAC en 2021 sur une valorisation de 3,1 milliards, ait déposé le bilan en juin 2023. Cotée au NYSE sous le ticker CSQR avec Morgan Stanley et TD Securities comme chefs de file, Csquare revendique plus de 500 MW opérationnels et affirme disposer de 200 MW prêts à être mis en service à court terme.

Le calcul boursier revient à une question simple: le marché public est-il prêt à payer la prime IA que le private equity applique désormais à toute infrastructure de calcul? À 4,18 milliards, la valorisation est nettement moins généreuse que ce que Brookfield espérait officieusement, ce qui suggère que le récit a été ajusté à l'appétit réel des institutionnels. Brookfield conserve d'ailleurs le contrôle après l'opération, ce qui limite mécaniquement le flottant disponible.

Le caveat honnête, c'est ce que le reporting ne précise pas: quelle fraction des 500 MW est déjà engagée sur des contrats hyperscale à long terme plutôt que sur la clientèle colocation d'entreprise héritée, et quelle part du produit net servira à effacer la dette léguée par Cyxtera. Sans ces éléments, la thèse pure-play IA reste une projection commerciale, pas un fait comptable.

Pour qui suit le sujet infrastructure IA, CSQR est surtout un test de prix. Si l'offre se place au haut de fourchette, cela ravive l'appétit pour les prochains dossiers de data centers adossés à des LBO ou SPAC en difficulté. Si elle se cale au bas, la discipline revient sur un segment jusque-là porté par la promesse plus que par les cash-flows.