Doctorow (ABC) : « L'inévitabilisme de l'IA est du marketing »
TL;DR
- Dans un entretien à ABC publié début août, Cory Doctorow qualifie l'« inévitabilisme » de l'IA de simple posture marketing des géants technologiques.
- Son nouveau livre, The Reverse Centaur's Guide to Life After AI, décrit l'IA comme une bulle financière destinée à éclater plutôt qu'une révolution.
- Doctorow, inventeur du terme « enshittification », participe au Festival of Dangerous Ideas de Sydney (22-23 août) et à un événement du Wheeler Centre à Melbourne (25 août).
Il y a quelque chose de rafraîchissant dans un interlocuteur qui refuse la prémisse du débat plutôt que d'y jouer. Cory Doctorow, interviewé par ABC à l'occasion de sa tournée australienne, ne discute pas de la vitesse à laquelle l'IA transformera le travail. Il conteste le postulat qu'elle transformera quoi que ce soit de manière inéluctable.
Son argument central porte sur ce qu'il appelle « l'inévitabilisme » : « l'insistance à dire qu'il n'existe qu'une seule manière concevable de faire les choses, et que les problèmes que vous rencontrez ne sont la faute de personne, mais juste la réalité inéchappable ». Il compare cette rhétorique à celle de Margaret Thatcher vendant le néolibéralisme avec son fameux « There is no alternative ». Doctorow, dont le nouveau livre The Reverse Centaur's Guide to Life After AI vient de paraître, soutient que l'IA n'est pas une révolution mais une bulle financière qui finira par éclater. Remplacer des salariés par des logiciels, concède-t-il selon les extraits repris par ABC, « n'est pas un pari déraisonnable », mais « il n'y a rien d'inévitable là-dedans ».
Ce qui rend le propos utile aux dirigeants n'est pas la prédiction, puisque nul ne sait quand une bulle éclate, mais le cadrage. Si la narrative de l'inévitabilité tient, les acheteurs signent des contrats pluriannuels et les régulateurs regardent ailleurs. Si elle se fissure, décisions d'achat, décisions de licenciement et décisions politiques redeviennent des choix avec des responsables identifiables. Doctorow, à qui l'on doit le terme « enshittification » pour décrire la dégradation des plateformes, applique ici la même grille : ce qui semble subi vient toujours, dit-il, de « personnes spécifiques qui ont pris des décisions ».
L'honnête réserve, c'est que l'entretien reste un exercice d'auteur en promotion et non une analyse chiffrée. On ne trouve dans ce que rapporte ABC ni calendrier pour l'éclatement, ni seuil de valorisation, ni contre-argument des dirigeants tech visés. La partie prescriptive, que faire à la place, est renvoyée au livre et aux conférences prévues fin août au Festival of Dangerous Ideas à Sydney et au Wheeler Centre à Melbourne.
Reste que le message porte : quand un observateur qui a nommé la « merdification » de l'internet dit publiquement que la prochaine phase n'est pas encore écrite, cela donne aux acheteurs un permis de négocier plus dur, aux régulateurs un vocabulaire pour parler, et aux salariés un contre-récit face aux plans de restructuration justifiés par « on n'a pas le choix ».
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@doctorow.pluralistic.net on whether the internet is still fun. "Mastodon has an algorithmic feed called Explore. [...] I went down a rabbit hole. It was amazing." Couldn't agree more! www.abc.net.au/news/2026-08... …
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The inimitable @doctorow.pluralistic.net is in Australia, speaking at The @wheelercentre.bsky.social and the Festival of Dangerous Ideas - and his interview with @ransos.bsky.social for @news.abc.net.au is - as usual - r…
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Article original publié par abc.net.au
Lire l'article original →Titre original : Cory Doctorow sur ABC : « L'inévitabilisme de l'IA est une posture marketing, pas une réalité »