techcrunch.com détecté sur le web

Fizz accuse le VC Jerry Lu (Maveron) d'avoir renseigné Sidechat

funding ai-business

TL;DR

  • Fizz élargit son procès contre Sidechat en visant Jerry Lu, investisseur chez Maveron, accusé d'avoir servi de relais d'informations à un concurrent.
  • La plainte pointe une réunion de mars 2022 où Teddy Solomon et Ashton Cofer auraient partagé stratégie, playbook campus, métriques et feuille de route.
  • Kyle Venn, PDG de Sidechat, dément tout acte fautif en soulignant que la direction actuelle n'était pas en poste avant l'acquisition de 2025.

L'accusation, si elle tient, touche à un tabou du capital-risque, celui d'un investisseur qui écoute un pitch confidentiel puis en transmet la substance à un concurrent direct. C'est ce que Fizz, application sociale pour campus universitaires, reproche à Jerry Lu, investisseur chez Maveron, dans une plainte élargie contre son rival Sidechat, rapportée par TechCrunch.

D'après le dépôt, les cofondateurs Teddy Solomon et Ashton Cofer ont rencontré Lu en mars 2022 pour explorer une levée de fonds, et lui ont partagé stratégie business, plans de croissance, playbook de lancement sur les campus, métriques utilisateurs, programme d'ambassadeurs, efforts de fundraising et feuille de route produit. Fizz affirme que Lu a ensuite transmis ces éléments à Flower Ave Inc., société propriétaire de Sidechat, et joint à sa plainte une capture d'écran présentée comme un échange de notes de réunion entre Lu et Flower peu après le rendez-vous. En octobre 2023, Lu est entré au capital du second seed de Sidechat.

L'intérêt du dossier dépasse le duel entre deux applis étudiantes. Il interroge frontalement la protection des informations confidentielles échangées en pitch, un moment où les fondateurs déballent leurs métriques et leur playbook sans NDA, sur la seule confiance dans la déontologie de leur interlocuteur. Si Fizz obtient gain de cause, la mécanique standard des tours de table pourrait devenir sensiblement plus formelle, et un fonds comme Maveron pourrait traîner un dossier de réputation même sans condamnation au fond.

La prudence s'impose sur les faits. Kyle Venn, PDG de Sidechat et Yik Yak, parle d'« allegations, not court findings » et récuse tout acte fautif, en rappelant que la direction actuelle n'était pas en poste avant l'acquisition de 2025. Ni Lu ni Maveron n'ont répondu aux demandes de commentaire selon le média. Ce que le reportage ne donne pas, c'est le montant des dommages réclamés, la qualification juridique précise retenue par Fizz, ou l'usage concret que Flower Ave Inc. aurait fait des informations transmises.

Reste à voir comment la pièce jointe résiste à l'instruction. Si la capture d'écran tient devant un juge, les fonds concurrents auront tout intérêt à formaliser publiquement leur hygiène d'information, et les fondateurs à mieux calibrer ce qu'ils dévoilent avant qu'un term sheet ne soit posé sur la table.