Goodman: le manifeste IA de Zuckerberg élude le compute
TL;DR
- Ellen Goodman (Rutgers Law) reproche à Zuckerberg de vanter une « superintelligence pour tous » sans traiter la concentration du calcul.
- Amazon, Google, Microsoft, Oracle et Meta détiendraient ensemble plus de 70% du compute IA mondial, selon Goodman.
- Elle propose non-discrimination sur l'accès, « civic compute credits » publics et transparence obligatoire sur les allocations.
Sur Tech Policy Press, Ellen P. Goodman, professeure à Rutgers Law School et co-directrice du Rutgers Institute for Information Policy & Law, écarte d'un revers la promesse centrale du manifeste « superintelligence-for-all » de Mark Zuckerberg.
Le problème matériel: Meta cherche à rattraper les quatre autres hyperscalers (Amazon, Google, Microsoft et Oracle) qui, écrit-elle, détiennent ensemble « more than 70% of the world's AI compute ». À la formule de Zuckerberg, « Rather than centralizing superintelligence, we should distribute it widely and give every person the ability to direct it », Goodman oppose une phrase brève: « frothing about AI democracy and liberty is useless without addressing compute ».
L'assise empirique n'est pas neuve. Goodman relaie David Widder et ses coauteurs, pour qui « the computational resources needed to build new AI models and use existing ones at scale… are scarce, extremely expensive, and concentrated ». Elle renvoie aussi à un rapport de 2023 de Jai Vipra et Sarah Myers West (AI Now Institute), et à un plan législatif fédéral publié l'an dernier par Asad Ramzanali du Vanderbilt Policy Accelerator.
De ce diagnostic, elle tire trois pistes. Première: lever les « chokeholds on access to compute » via un mélange de non-discrimination, d'interconnexion et d'obligations de common carrier. Deuxième: garantir « some meaningful supply of 'public compute' that is not controlled by any company », avec des « civic compute credits » réservés, à la manière d'un parc public, aux ONG, collectivités locales et institutions éducatives; la National AI Research Resource, embryon fédéral déjà existant, est citée comme direction. Troisième: « Require transparency » sur les allocations et la tarification.
Sur la contre-proposition Zuckerberg (laisser les hyperscalers régler la pénurie entre eux), Goodman ne mâche pas ses mots: « In other words, 'trust us.' » Elle rappelle que Meta fait appel d'un jugement du Nouveau-Mexique la qualifiant de « public nuisance », ce qui rend selon elle la posture « laughable ».
Shared on Bluesky by 4 AI experts
-
Ellen P. Goodman, a professor at Rutgers Law School and co-Director of the Rutgers Institute for Information Policy & Law, asks what it would take to actually democratize AI at each layer of the stack, starting with comp…
View on Bluesky →
Article original publié par techpolicy.press
Lire l'article original →Titre original : Ellen Goodman : le manifeste IA de Zuckerberg oublie que cinq hyperscalers contrôlent 70 % du compute