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Google alerte l'UE : le DMA fragiliserait Search et Android

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TL;DR

  • Heather Adkins, VP ingénierie sécurité de Google, prévient Bruxelles qu'ouvrir Search et Android au titre du DMA pourrait alimenter la fraude en quelques semaines.
  • L'article 6(11) du DMA oblige Google à partager les données anonymisées de classement, requête, clic et vue de Search avec des moteurs concurrents.
  • Les procédures de spécification du DMA ont été ouvertes le 27 janvier 2026, et un projet d'interopérabilité Android est en consultation publique.

Heather Adkins, vice-présidente de l'ingénierie sécurité chez Google, est sortie du registre habituel des courriers de conformité pour expliquer à Bruxelles pourquoi, selon elle, certaines mesures du Digital Markets Act offriraient une fenêtre aux fraudeurs. Selon le reportage de Wired signé Matt Burgess, l'alerte porte sur les deux gros chantiers de mise en conformité de Search et d'Android, et la responsable décrit un horizon de risque qui se compterait « en quelques semaines ».

Ce que la Commission demande est public depuis l'ouverture des procédures de spécification, le 27 janvier 2026 : au titre de l'article 6(11) du DMA, Google doit donner aux moteurs tiers un accès aux données anonymisées de classement, de requête, de clic et de vue, à des conditions équitables et non discriminatoires. En parallèle, un projet de mesures d'interopérabilité pour Android est en consultation publique. C'est ce double dispositif que Google considère, du côté de sa direction sécurité, comme la source du problème.

L'argument de sécurité n'est pas neuf. C'est celui que Google déploie aussi contre l'ouverture du sideloading sur Android, en s'appuyant sur sa propre analyse selon laquelle les applications installées en dehors du Play Store contiennent « plus de 50 fois » plus de malwares. Mais en le faisant porter par sa patronne de la sécurité plutôt que par ses avocats, l'entreprise change de registre : la critique cesse d'être seulement antitrust, elle devient une affirmation technique sur la faisabilité même de la conformité.

Le bémol honnête, c'est que cette sortie est à sens unique : c'est Google qui parle, dans la presse, sur un dossier où l'entreprise a tout intérêt à temporiser. Le reportage ne précise pas quels seuils d'anonymisation Bruxelles retiendra, ni quels concurrents seront effectivement éligibles aux données partagées. Le test viendra des avis techniques que la Commission collectera dans les consultations en cours. Les moteurs rivaux et les fournisseurs européens d'IA, eux, attendent ce signal depuis la désignation de Google comme gatekeeper en septembre 2023 ; si l'exécutif tient sa ligne, le rapport de force sur la recherche en Europe basculera vraiment, et c'est ce point-là qu'il faut suivre dans les prochaines semaines.

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