Google exige des droits d'entraînement IA des éditeurs de News
TL;DR
- Google refuse de payer pour l'entraînement IA sur les contenus librement accessibles, qualifiant cela d'«analyse statistique» et non de copie.
- Le pilote Google News, conduit avec une vingtaine d'éditeurs dont The Washington Post et The Guardian, lierait participation et droits IA élargis.
- Les éditeurs refusant les termes de Google n'ont comme alternative que le retrait de la recherche, au risque d'une chute de trafic de 45%.
Les éditeurs intégrés au pilote de Google News, selon The Information, se retrouvent face à un choix peu enviable : accepter des droits de licence élargis sur leurs contenus, potentiellement jusqu'à l'entraînement de modèles d'IA, ou renoncer aux nouvelles fonctionnalités que le groupe américain teste avec une vingtaine de médias nationaux, dont The Washington Post et The Guardian.
La position publique de Google est connue depuis les auditions parlementaires au Royaume-Uni. Roxanne Carter, responsable des politiques publiques en matière de droit d'auteur chez Google, a défendu l'idée que l'entraînement de grands modèles de langage sur des contenus librement accessibles constitue «un processus d'analyse statistique plutôt qu'une copie», excluant ainsi toute compensation. Google se dit prêt à payer pour l'accès contrôlé à des archives, des jeux de données hors plateforme, ou des contenus accessibles via des systèmes de récupération augmentée (RAG), mais pas pour l'entraînement de base. Selon Digiday, Paul Bannister, directeur de la stratégie chez Raptive, estime que Google aurait «délibérément maintenu le flou» sur la provenance des données d'AI Overviews et les mécanismes d'exclusion.
Pour les éditeurs, les alternatives sont réduites. Danielle Coffey, présidente et directrice générale de la News/Media Alliance, a déclaré que «la position de Google sur sa volonté est essentiellement sans importance» face à la réalité du rapport de force, mais les options concrètes restent peu attrayantes : se retirer entièrement de la recherche Google, ou appliquer des balises NOSNIPPET article par article, ce qui aurait historiquement réduit les taux de clics de 45% d'après un avertissement de Kent Walker, président des affaires mondiales de Google, en 2019.
La réserve s'impose : l'article de The Information est derrière un paywall, et les termes précis des contrats du pilote n'ont pas été confirmés de façon indépendante. Ce que la pression réglementaire britannique offre en revanche est un possible contrepoids : la Competition and Markets Authority a imposé à Google des obligations contraignantes qui doivent entrer pleinement en vigueur en décembre 2026, notamment le droit pour les éditeurs de refuser que leurs contenus servent à l'affinage (fine-tuning) des modèles. Si ce cadre résiste, il pourrait forcer Google à dissocier la visibilité dans Search du consentement à l'entraînement IA, au moins au Royaume-Uni.
Article original publié par theinformation.com
Lire l'article original →Titre original : Google impose des droits d'entraînement IA aux éditeurs testant ses fonctionnalités dans Google News, selon The Information