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Hesai devient partenaire lidar de Nvidia malgré le blacklist

TL;DR

  • Hesai, désigné entreprise militaire chinoise par le Pentagone en 2024, a été retenu comme partenaire lidar de la plateforme Nvidia DRIVE AGX Hyperion 10 pour véhicules de niveau 4.
  • Le lidariste chinois revendique environ un tiers du marché mondial du lidar automobile et équipe déjà Zoox, Waabi, Kodiak et l'aéroport JFK.
  • Un professeur de Duke a montré à CNBC qu'un lidar compromis peut fabriquer des objets fictifs ou faire disparaître des obstacles réels du champ de vision.

Il y a un paradoxe américain à disséquer dans cette enquête de CNBC : le lidariste chinois Hesai, désigné en 2024 « entreprise militaire chinoise » par le département américain de la Défense et débouté de son recours en 2025, devient l'un des capteurs intégrés à la plateforme véhicules autonomes de Nvidia, alors même que sa présence côté américain ne cesse de s'étendre.

Le montage rapporté est simple. Hesai a été retenu comme partenaire lidar pour la plateforme DRIVE AGX Hyperion 10 de Nvidia, l'architecture de référence pour rendre un véhicule prêt pour le niveau 4. La désignation du Pentagone lui interdit les contrats militaires, mais rien n'empêche les usages civils : selon CNBC, ses capteurs équipent déjà les robotaxis Zoox d'Amazon, les camions autonomes de Waabi et Kodiak, ainsi que des zones de contrôle des passagers à l'aéroport JFK de New York. Hesai revendique environ un tiers du marché mondial du lidar automobile.

Ce que l'enquête met en avant, c'est une double surface d'attaque. Craig Singleton, senior director pour le programme Chine à la Foundation for Defense of Democracies, souligne que la donnée cartographique granulaire collectée par un lidar peut être détournée contre des infrastructures américaines, et rappelle que le droit chinois autorise Pékin à réquisitionner les données détenues par une entreprise comme Hesai. Miroslav Pajic, professeur à Duke dont les recherches portent sur la sécurité des capteurs, a montré à CNBC comment un lidar compromis peut fabriquer des objets qui n'existent pas ou faire disparaître un obstacle réel du champ de vision.

Hesai conteste la lecture. Son cofondateur et directeur général David Li affirme que le matériel n'a pas de stockage embarqué et que toute donnée transmise à un client appartient entièrement à ce client, hors de portée de Hesai. Le caveat honnête, c'est que l'enquête décrit une capacité et un cadre juridique, pas un incident avéré ; elle ne précise pas non plus si une agence fédérale prépare une extension du blacklist aux usages civils, ni quels volumes exacts Hesai fournit à chacun de ses clients américains.

Le signal, pour un dirigeant de flotte autonome ou un constructeur qui vient d'accrocher son architecture à la pile Nvidia, c'est que le choix du fournisseur de lidar n'est plus une décision purement technique. Le prochain arbitrage viendra soit de Washington, soit d'un incident, et les mieux placés seront ceux qui auront déjà cartographié leur exposition et documenté une trajectoire de repli vers un capteur non chinois.