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Kalshi et Polymarket boudent Manifest, les puristes s'inquiètent

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TL;DR

  • Manifest 2026 s'est tenu du 12 au 14 juin au campus Lighthaven de Berkeley, mais Kalshi et Polymarket, sponsors des éditions passées, étaient absents.
  • Le sport pèserait environ 80 % du volume de Kalshi et 39 % de celui de Polymarket depuis juillet 2024, selon Bloomberg.
  • Meta développerait en interne une application concurrente baptisée Arena, sous la direction de Mark Zuckerberg, où les utilisateurs miseraient des points plutôt que de l'argent réel.

Il y a une contradiction assez frappante au cœur du secteur des marchés prédictifs, et le reportage de Bloomberg sur l'édition 2026 de Manifest la met à nu. La convention, tenue du 12 au 14 juin au campus Lighthaven de Berkeley et produite par Manifold Markets, rassemble le camp historique des marchés prédictifs, ces forecasters, économistes et chercheurs qui défendent l'idée que ces plateformes peuvent agréger le savoir collectif et améliorer la décision publique. Cette année, Kalshi et Polymarket, sponsors lors d'éditions précédentes, étaient absents. Les deux entreprises ont refusé de commenter ce retrait.

Le décalage est d'abord arithmétique. Selon les chiffres cités par Bloomberg, le sport représente environ 80 % du volume échangé sur Kalshi et 39 % de celui de Polymarket depuis juillet 2024, avec des semaines où la part sport sur Kalshi grimpe au-delà de 60 %. Autrement dit, l'outil que ses partisans voulaient braquer sur les élections, la macroéconomie ou la recherche s'est majoritairement transformé en concurrent des books sportifs classiques. La citation qui synthétise le mieux le malaise vient de David Bensoussan, un parieur cité par Bloomberg comme ayant gagné 1,6 million de dollars sur ces plateformes, et qui demande à voix haute ce que « le mécanisme de recherche de vérité » propre aux marchés prédictifs a « à voir avec le sport ».

Ce qui donne à cette querelle culturelle une portée pratique, c'est l'arrivée d'un troisième acteur. Meta développerait en interne une application concurrente nommée Arena, sous la direction de Mark Zuckerberg, qui fonctionnerait avec des points plutôt qu'avec de l'argent réel, toujours selon Bloomberg. Le journal ajoute que Meta aurait auparavant approché Kalshi en vue d'un rachat, avec une rencontre entre Zuckerberg et le CEO de Kalshi Tarek Mansour, sans que les discussions n'aboutissent.

Le caveat honnête est que Bloomberg documente surtout un malaise dans une communauté militante, pas une bascule mesurée du secteur. Les pourcentages varient selon la semaine et le périmètre retenu, l'article ne chiffre pas la part « sérieuse » du volume restant, et il précise qu'Arena demeure expérimental et pourrait ne jamais être lancé. On n'y trouve pas non plus la raison du retrait de Kalshi et Polymarket.

Ce qui vaut d'être surveillé, c'est moins la bataille Kalshi-Polymarket-Meta que ce qui pousse en marge : des marchés spécialisés comme Endpoint Arena, mentionnée par Bloomberg autour des essais cliniques, qui tentent de préserver l'usage « bien public » revendiqué à l'origine.