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Karen Hao : OpenAI et Anthropic peuvent bâtir l'IA autrement

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TL;DR

  • Karen Hao affirme à Bloomberg que la démesure des labos frontière relève d'un choix, pas d'une fatalité technologique.
  • Elle pointe la main-d'œuvre cachée d'annotation et de modération sous-traitée au Kenya, aux Philippines et au Venezuela comme rouage central du modèle actuel.
  • L'entretien a été mené par Mishal Husain au siège londonien de Bloomberg, alors que les grands labos se rapprochent d'introductions en Bourse.

Karen Hao s'est assise avec Mishal Husain au siège londonien de Bloomberg pour défendre une thèse d'une simplicité désarmante : l'industrie de l'IA n'est pas obligée d'être bâtie comme elle l'est aujourd'hui. Dans l'entretien week-end publié par Bloomberg, la journaliste et autrice d'« Empire of AI: Dreams and Nightmares in Sam Altman's OpenAI » résume sa position en une phrase que Bloomberg met en tête d'affiche : « These are choices, not technological inevitabilities ».

Ce qu'elle attaque n'est pas la technologie mais trois choix simultanés des labos dominants : concentrer la puissance de calcul et le pouvoir, s'appuyer sur une main-d'œuvre cachée pour étiqueter les données et modérer les contenus, et consommer des ressources énergétiques massives pour empiler les paramètres. Elle décrit la trajectoire actuelle comme une « reckless race for global domination » et parle d'« imperialist ideology » à propos de la culture des laboratoires dominants. Le travail invisible, rappelle-t-elle, est sous-traité dans des pays comme le Kenya, les Philippines et le Venezuela, avec précarité, bas salaires, trauma psychologique lié à la modération de contenus perturbants, et licenciements après tentatives de syndicalisation.

Pourquoi ce contrepoint sort maintenant compte autant que ce qu'il dit. Bloomberg souligne que les grandes firmes d'IA se rapprochent d'introductions en Bourse, et le récit dominant côté investisseurs reste celui de la course inéluctable au plus grand modèle. Un livre et une longue interview au format week-end dans un titre financier de référence rebattent une partie de la conversation que banques d'affaires, gérants d'actifs et acheteurs publics vont devoir avoir. Hao note d'ailleurs qu'Anthropic, né d'un schisme d'OpenAI, a récupéré des utilisateurs en occupant le « moral high ground », ce qui suggère que la différenciation par la sobriété n'est pas qu'un vœu pieux.

Ce que le reportage ne donne pas, en revanche, c'est un plan technique alternatif détaillé, ni la réponse d'OpenAI et d'Anthropic aux accusations, ni de chiffres publics précis sur la rémunération des sous-traitants cités. À prendre comme une plaidoirie très argumentée, pas comme un audit. La partie qui mérite d'être suivie, si l'on gère un portefeuille exposé aux labos frontière, c'est celle qui touche les investisseurs institutionnels : si la thèse « choix, pas fatalité » s'installe, la due diligence pré-IPO va devoir intégrer une ligne « chaîne humaine de labellisation » qui n'existait pas dans les modèles.

Shared on Bluesky by 2 AI experts

  • VE, cybersocial occult investigator @vortexegg.com amplified

    @tnewmsblues.bsky.social

    The AI industry “designs its tech and sells it as a tool for automating knowledge work... it’s degrading the work opportunities that exist right now — taking knowledge workers out of full-time employment into gig-work" …

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  • Abstract Tesseract @abstracttesseract.bsky.social amplified

    @tnewmsblues.bsky.social

    Her mind! This from @karenhao.bsky.social should be one of those inspirational quotes that a crafter does in needlepoint. www.bloomberg.com/features/202...

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