La BIS alerte sur la bulle IA, Oracle en première ligne
TL;DR
- La BIS compare l'emballement IA à la manie ferroviaire britannique et à la bulle dot-com, invoquant un capital très supérieur à ce que l'industrie peut produire.
- Amazon prévoit plus de 200 milliards de dollars de capex IA, Microsoft 190, Google 180 et Meta 140 milliards selon The Register.
- Oracle a perdu plus de 40 % en un mois et doit emprunter environ 25 milliards par an pour tenir son engagement Stargate de 300 milliards.
Quand la Banque des règlements internationaux, décrite par The Register comme « la banque centrale des banques centrales », place l'engouement IA dans la même famille que la manie ferroviaire britannique des années 1800 et la bulle dot-com, ce n'est plus un débat de commentateurs. Le rapport identifie un trait commun à ces épisodes : ils ont attiré beaucoup plus de capital que l'industrie résultante ne pouvait réellement produire.
Les chiffres cités par le journal donnent la mesure du pari en cours. Amazon prévoit plus de 200 milliards de dollars de dépenses d'infrastructure IA, Microsoft 190, Google 180, Meta 140. Ces engagements cumulés supposent que la demande finale suivra le rythme du capex, dans une industrie qui n'a pas encore prouvé sa capacité à monétiser à cette échelle.
Le point de pression le plus visible est Oracle. L'action a perdu plus de 40 % en un mois après la publication des résultats du quatrième trimestre. Via son partenariat Stargate avec OpenAI, Oracle s'est engagé à financer 300 milliards de dollars sur un projet de datacenters chiffré à 500 milliards, ce qui, selon le journaliste Tom Claburn, exige environ 25 milliards de dollars empruntés par an. Le propre document déposé à la SEC par Oracle liste les fragilités : baux impayés si OpenAI ne tient pas ses obligations, permis, approvisionnement électrique, opposition politique croissante aux datacenters IA.
Un autre courant remonté par l'article, moins spectaculaire mais peut-être plus révélateur, vient du côté des clients. Le prix des tokens monte, et le patron de Palantir Alex Karp évoque une lassitude des grands comptes face à des modèles frontier opaques, en anticipant une bascule vers l'open source et vers des tarifs abordables et prévisibles.
La honnête caveat est que la couverture ne cite pas de verbatim direct du rapport BIS ni de calendrier chiffré pour l'éclatement redouté ; elle agrège plutôt un faisceau de signaux, dont un rapport de banquiers centraux, une chute boursière et les fichiers de risque d'Oracle. Ce qu'elle ne quantifie pas non plus, c'est la part du capex hyperscaler déjà monétisée par le cloud et l'IA, ni ce que ferait la BIS en cas de tension. La leçon utile pour un directeur financier n'est pas de parier sur la date d'un krach, mais de regarder qui, dans sa chaîne d'approvisionnement IA, dépend d'un seul client fragile pour tenir ses engagements de dette.
Article original publié par theregister.com
Lire l'article original →Titre original : BIS et hyperscalers tirent la sonnette d'alarme : la bulle IA pourrait emporter l'économie mondiale, Oracle et Stargate en première ligne