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Lagodinsky (eurodéputé) presse Bruxelles d'accélérer sur l'IA

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TL;DR

  • Le député européen Sergey Lagodinsky (Verts/ALE) estime que 88 % de la population mondiale pourrait perdre l'accès aux modèles frontier américains du jour au lendemain.
  • Sa tribune Euronews pointe l'exclusion des acteurs européens de Project Glaswing, l'initiative chargée d'étudier les risques du modèle Mythos d'Anthropic.
  • Il réclame des gigafactories franco-allemandes, l'achèvement du marché unique numérique et un consortium IA avec des puissances moyennes hors UE.

Dans une tribune publiée par Euronews, le député européen Sergey Lagodinsky (Verts/ALE) avance un chiffre destiné à réveiller Bruxelles : « environ 88 % de la population mondiale pourrait perdre l'accès aux modèles frontier américains du jour au lendemain » si la Maison Blanche décidait d'actionner l'interrupteur. La démonstration, écrit-il, a déjà été amorcée après l'introduction par Anthropic de son modèle le plus puissant, Mythos.

Le cadre qu'il propose est celui d'une « colonie numérique » coincée entre deux empires de l'IA. L'argument est autant politique qu'industriel : Project Glaswing, l'initiative montée pour étudier et contenir les risques associés à Mythos, ne compte, selon lui, aucun acteur européen. Et si les États-Unis gardent la main sur les modèles de pointe, la Chine, estime-t-il, obtiendra des capacités comparables « d'ici un an ».

Sa feuille de route est explicite : achever en mode accéléré l'Union des marchés de capitaux et le marché unique numérique, bâtir des « gigafactories franco-allemandes et des constellations spatiales européennes », et mettre en commun le compute avec un « consortium de puissances moyennes » hors UE. Le levier qui reste au continent, insiste-t-il, s'appelle ASML, seul fabricant néerlandais de machines de gravure dans sa catégorie. Sur l'échelle des moyens, il tranche : ce sont des « milliers de milliards » qui sont réalistes, pas des milliards.

L'honnête réserve, c'est que le texte est une tribune signée d'un vice-président de groupe parlementaire vert, pas un rapport de la Commission ni une étude économique : le chiffre des 88 %, la fenêtre d'un an sur la Chine, la portée réelle de Mythos, tout cela est présenté comme estimation et alerte, non comme donnée vérifiée. Ce que la tribune ne détaille pas non plus, c'est qui financerait ces montants, dans quel calendrier, ni comment articuler concrètement le « parallélisme stratégique » qu'il propose avec Washington.

Pour les acteurs européens du calcul, du cloud souverain et des modèles ouverts, la porte politique s'entrouvre. Ce qui se joue à Bruxelles, Paris et Berlin, c'est moins la question « faut-il des modèles européens » que celle de savoir qui sera en mesure de convertir l'alerte en carnet de commandes.