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Les hyperscalers alimentent une troisième vague d'inflation US

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TL;DR

  • 81 % des économistes interrogés par la NABE s'attendent à ce que le boom de l'IA aggrave l'inflation américaine dans les douze prochains mois.
  • Les cinq principaux hyperscalers devraient dépenser 741 milliards de dollars en 2026, en hausse de près de 75 % par rapport à l'année précédente selon FactSet.
  • Goldman Sachs prévoit que les data centers représenteront près de la moitié de la croissance de la demande électrique américaine d'ici 2030, avec des hausses tarifaires d'environ 6 % par an.

Quatre-vingt-un pour cent des économistes d'entreprise interrogés dans le cadre d'une enquête de la National Association for Business Economics s'attendent à ce que le boom des data centers liés à l'IA aggrave l'inflation américaine au cours des douze prochains mois, selon le Wall Street Journal. Ce n'est pas une reprise du choc pandémique ni une conséquence tarifaire : la pression s'exerce sur des ressources physiques concrètes, notamment l'électricité, les composants électroniques et la main-d'oeuvre spécialisée.

L'ampleur du chantier donne la mesure du problème. Les dépenses d'investissement combinées des cinq grands hyperscalers (Alphabet, Amazon, Meta Platforms, Microsoft et Oracle) sont estimées à 741 milliards de dollars en 2026, en hausse de près de 75 % par rapport à l'année précédente, selon les données FactSet citées par le WSJ. Cette accélération se répercute déjà dans les prix : les composants électroniques en gros ont bondi de 27 % sur un an, les logiciels et accessoires informatiques de 15 % en mai, et les salaires des électriciens spécialisés ont progressé de 6,5 % en avril, soit près du double du rythme général de 3,6 % pour l'ensemble des travailleurs. Goldman Sachs estime que les data centers représenteront près de la moitié de la croissance de la demande électrique américaine d'ici 2030, avec des hausses de prix pour les consommateurs de l'ordre de 6 % par an en 2026 et 2027.

Tim Cook, PDG d'Apple, a décrit les pressions sur les coûts comme quelque chose qu'il n'avait jamais vu en plus de 40 ans. Apple a déjà répercuté une partie de ces hausses, avec des augmentations de prix de 15 à 25 % sur ses Mac et iPad. Gregory Daco, économiste en chef d'EY-Parthenon et président de la NABE, résume la dynamique : lors de la première phase de toute révolution technologique majeure, on observe une tension sur des ressources limitées qui exerce une pression à la hausse sur les prix.

La nuance honnête est double. Tech et énergie ne représentent qu'une fraction des dépenses courantes des ménages, ce qui suggère que cette troisième vague sera probablement moins intense que les chocs précédents. Et certains économistes, dont Kevin Warsh, président de la Fed, font valoir que l'IA sera à terme une force désinflationiste significative à mesure que les gains de productivité se diffuseront. UBS estime toutefois que l'écart entre la frénésie de construction actuelle et une éventuelle baisse des prix sera d'au moins quelques années. Ce que le reportage ne dit pas, c'est à quel horizon précis ce retournement arriverait.

Pour les équipes qui dimensionnent leurs coûts d'inférence ou de stockage cloud sur des bases stables, la tendance mérite d'être intégrée dès maintenant dans les plans à moyen terme : la pression sur l'électricité et les composants n'est pas un pic ponctuel mais le reflet d'un cycle d'investissement qui s'étale sur plusieurs années.