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Lula accuse Meta de brider ses contenus avant le second tour

Meta Regulation ai-business

TL;DR

  • Le Tribunal supérieur électoral enregistre 804 recours, plus du double des 325 de 2022, dans un scrutin brouillé par les contenus générés par IA.
  • Meta AI aurait refusé des images associant Lula au bulletin 13 tout en acceptant la même formule pour Flávio Bolsonaro avec le 22.
  • Agência Lupa a identifié 920 publications IA entre le 16 août et le 28 septembre au premier tour, dont 554 deepfakes (60%).

À la veille du second tour qui l'oppose dimanche au sénateur Flávio Bolsonaro, la campagne de Luiz Inácio Lula da Silva accuse Meta de brider « repeatedly and systematically » la diffusion de ses contenus sur Facebook et Instagram, et affirme que Meta AI refuse de générer des images liées au président sortant tout en produisant des visuels favorables à son adversaire, rapporte Bloomberg.

Le Tribunal supérieur électoral a ordonné à l'entreprise, le 19 octobre, de prouver sous 24 heures qu'elle traite Lula et Flávio Bolsonaro de façon équivalente. Meta a répondu avoir « completed the implementation of measures to comply with the directive from the electoral court » et dit offrir un traitement égal. La cour enregistre un record de 804 recours liés au scrutin, plus du double des 325 comptabilisés au même stade en 2022.

L'épisode le plus parlant côté IA tient à un détail de prompt. Meta AI aurait refusé de générer des images combinant « Lula » et le numéro de bulletin 13, tout en acceptant la même formulation avec « Flávio » et le 22. Meta a invoqué une faille technique et dit avoir rétabli l'égalité de traitement. Le compte Instagram de la campagne du président avait par ailleurs été bloqué sans explication le 23 septembre, à quelques jours du premier tour, avant d'être réactivé le 29.

Des experts onusiens ont renchéri cette semaine, jugeant que Meta avait « disproportionately restricted » les activités de comptes liés à un candidat précis dans des cas qui recoupent les griefs du camp Lula.

L'ampleur des contenus synthétiques au premier tour inquiète les régulateurs. L'organisation de fact-checking Agência Lupa a identifié 920 publications utilisant l'IA entre le 16 août et le 28 septembre, soit près de 20 par jour, dont 554 relevant de deepfakes imitant ou manipulant des personnes réelles. Près de 60 % ne portaient aucune étiquette pourtant exigée par la loi brésilienne.

Pour Lula, Meta remplace désormais Elon Musk dans le rôle d'adversaire tech ; le réseau X avait été brièvement banni du pays deux ans plus tôt après un bras de fer judiciaire comparable. Le dossier rejoint la vague de contentieux IA réglementaires que nous suivons de près.