Lutnick et Trump ont poussé Apple vers la fonderie d'Intel
TL;DR
- Selon le Wall Street Journal, la commande d'Apple à Intel serait née des négociations tarifaires menées à la Maison-Blanche l'été dernier.
- Le secrétaire au Commerce Howard Lutnick a rencontré à plusieurs reprises Tim Cook, Elon Musk et Jensen Huang pour les pousser à travailler avec Intel.
- L'État fédéral détient environ 10 % du capital d'Intel depuis l'été 2025, après la conversion de près de 9 milliards de dollars de subventions en actions.
Ce qui est présenté comme un accord industriel entre Apple et Intel est, dans la reconstitution du Wall Street Journal, une négociation politique menée depuis la Maison-Blanche. L'été dernier, Tim Cook s'était retrouvé à Washington pour convaincre l'administration Trump de renoncer à un projet de tarifs de 100 % sur les importations de semi-conducteurs. Apple a fini par obtenir une exemption en promettant d'investir des centaines de milliards de dollars supplémentaires aux États-Unis.
Dans ces mêmes réunions, selon le journal, Trump et le secrétaire au Commerce Howard Lutnick auraient placé un second sujet sur la table: Intel. Le président aurait lâché à Cook «I like Intel». Lutnick, de son côté, aurait multiplié pendant l'année les entretiens avec Cook, mais aussi avec Elon Musk (SpaceX) et Jensen Huang (Nvidia), pour les pousser à confier de la production au fondeur américain. Environ un an plus tard, Trump a annoncé sur Truth Social qu'Apple ferait graver certains de ses processeurs par Intel, pour des puces destinées à des Mac et à des iPhones selon une source proche des négociations.
Ce qui rend le dossier intéressant, c'est le mélange des instruments. Depuis l'été 2025, le gouvernement fédéral détient environ 10 % du capital d'Intel, obtenu en convertissant près de 9 milliards de dollars de subventions en actions. La négociation tarifaire d'Apple s'est donc croisée avec l'intérêt patrimonial direct de l'État dans son fournisseur. Les détails techniques évoqués par ailleurs, comme un nœud 18A-P pour une future puce Mac, restent des indications à considérer comme telles, pas comme une feuille de route officialisée par Apple ou Intel.
Ce que le récit ne dit pas, c'est le volume de plaquettes réellement engagé, le prix, ni la répartition entre gammes de produits. Ce qui est clair, en revanche, c'est le nouveau mode opératoire: la politique industrielle américaine du silicium passe désormais par des conversations directes entre le bureau ovale et les PDG de la tech, avec un actionnaire fédéral installé au capital du fondeur qu'il faut remplir. Pour un dirigeant qui dépend de TSMC ou de Samsung, la question n'est plus de savoir si Intel est compétitif, mais combien coûte, politiquement, de ne pas y aller.
Article original publié par wsj.com
Lire l'article original →Titre original : WSJ : la Maison-Blanche a musclé son intervention pour sauver Intel, poussant Apple à confier sa gravure au 18A-P