scmp.com détecté sur le web

Meituan, Baidu et Xiaomi « optimisent » leurs effectifs à l'IA

baidu china ai jobs ai-workforce china-tech layoffs optimisation

TL;DR

  • Meituan a démenti des rumeurs de suppressions pouvant toucher jusqu'à la moitié de ses postes produits d'ici fin juin.
  • Le terme chinois « youhua » (optimisation) sert d'euphémisme pour des licenciements désormais associés au remplacement par l'IA.
  • Baidu aurait terminé 2025 avec près de 7 % d'effectifs en moins, selon des données sectorielles.

Dans les bureaux des grandes entreprises technologiques chinoises, l'inquiétude a changé de nature. La question n'est plus de savoir si un salarié est suffisamment performant, mais si son poste peut être confié à une intelligence artificielle. Selon le South China Morning Post, des sociétés comme Meituan, Baidu et Xiaomi réduisent discrètement leurs effectifs, masquant ces coupes derrière le terme « youhua » — soit « optimisation » — qui sert, dans le jargon d'entreprise chinois, d'euphémisme pour des licenciements souvent présentés comme de simples restructurations.

L'affaire Meituan a cristallisé les craintes : des captures d'écran virales affirmaient que la plateforme de livraison prévoyait de supprimer jusqu'à la moitié de ses postes produits d'ici fin juin, assortie de coupes dans d'autres départements. L'entreprise a démenti ces rumeurs, mais le malaise demeure. « Je ne sais pas si ce sera moi le prochain », a confié un employé de Meituan selon l'article. Baidu, de son côté, aurait terminé 2025 avec près de 7 % d'effectifs en moins, d'après des données relayées par Rest of World.

Plus largement, des suppressions silencieuses se sont multipliées dans le secteur tech chinois en 2026, des entreprises ayant recours à des réaffectations forcées et à des objectifs délibérément inatteignables, épargnant ainsi les coûts d'indemnités tout en obtenant des départs volontaires. Le contexte politique rend la manœuvre délicate : Pékin a signalé son peu d'appétit pour les licenciements massifs dans le secteur, notamment en raison d'un chômage persistant chez les jeunes.

Ce que le reportage ne précise pas, c'est l'ampleur réelle des suppressions ni les programmes de reconversion que ces entreprises proposent concrètement à leurs employés. La vraie inconnue reste réglementaire : jusqu'où les sociétés peuvent-elles invoquer l'adaptation à l'IA pour justifier des réorganisations avant de s'exposer à une réaction de Pékin ou des tribunaux ? Pour ceux qui développent des outils d'automatisation des fonctions produit, cette zone grise mérite d'être suivie de très près.