Microsoft : des erreurs Python cachent ses données quantiques
TL;DR
- Le Dr Henry Legg (Université de St Andrews) identifie dans Nature deux erreurs Python dans le code d'analyse des données quantiques de Microsoft.
- Un filtre codé en dur cachait d'autres régions dans les cartes de phase ; une erreur d'index introduisait une inversion physiquement incorrecte des données.
- Legg estime que les dispositifs Majorana de Microsoft sont à des siècles d'une informatique quantique fonctionnelle ; Microsoft maintient ses résultats.
Un chercheur britannique vient de publier dans Nature une critique formelle des données que Microsoft a présentées comme preuve d'une avancée historique en informatique quantique topologique, et la principale accusation ne porte pas sur une théorie abstraite : elle porte sur des erreurs de programmation élémentaires. Selon The Register, le Dr Henry Legg, de l'Université de St Andrews, a identifié deux bugs Python dans le code d'analyse utilisé par Microsoft pour ses dispositifs Majorana.
La première erreur consistait à traiter un index de tableau comme s'il représentait une valeur physique, introduisant une inversion incorrecte dans les données, ce que le code décrivait comme une "antisymmétrisation" effectuée sur l'index plutôt que sur la valeur physique. La seconde était un filtre codé en dur dans le logiciel de visualisation, qui forçait l'affichage de la seule région la plus large et dissimulait d'autres régions candidates dans les cartes de phase. Legg décrit les deux comme "deux erreurs Python assez basiques qui cachaient ces régions alternatives." Il ajoute que les données brutes, absentes de la publication originale, semblent indiquer que les dispositifs de Microsoft présentent un désordre important.
L'enjeu est considérable. Microsoft avait présenté en février 2025 une annonce sur ses qubits Majorana comme une étape décisive vers un ordinateur quantique fonctionnel. Legg inverse le pronostic : selon lui, la technologie Majorana de Microsoft est "à des siècles, et non des décennies" d'une application concrète, si tant est qu'elle fonctionne.
Microsoft, par la voix de Chetan Nayak, responsable du matériel quantique de l'entreprise, maintient ses positions. La réponse officielle est que les bugs signalés sont mineurs et sans conséquence sur les résultats, et que l'entreprise "maintient ses résultats et sa feuille de route." Ce que le reportage ne précise pas, c'est si une analyse corrigée a été publiée ou si un tiers a audité le code source. Des données brutes de transport manquaient dans la publication initiale, et Legg affirme que Microsoft avait déclaré aux évaluateurs avoir exploré la seule région validée par le protocole, ce qui, selon lui, n'était pas exact.
Pour les équipes qui construisent sur les jalons quantiques de Microsoft, cette controverse publiée dans Nature mérite attention : une correction de code, pas un communiqué de presse, est ce qui tranchera le débat.
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Article original publié par theregister.com
Lire l'article original →Titre original : Nature accuse Microsoft d'avoir masqué des données de son prétendu saut quantique via deux erreurs Python élémentaires