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Midjourney veut voir l'IA interne de Disney, Warner et Universal

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TL;DR

  • Les avocats de Midjourney demandent au juge John Kronstadt d'annuler la décision de juin qui limitait la discovery aux applications d'IA « consumer-facing » des studios.
  • La société réclame plans d'affaires IA, rapports de recherche, jeux d'entraînement et poids de modèles pour étayer ses défenses de fair use et d'unclean hands.
  • Le 15 juin, le magistrat Joel Richlin avait jugé l'usage interne d'IA par les studios non pertinent pour l'action en contrefaçon initiée par Disney, Universal et Warner Bros.

Il y a un moment intéressant dans les procès IA qui s'accumulent contre les fournisseurs d'images génératives, et il vient d'arriver côté défense. Les avocats de Midjourney ont déposé cette semaine une motion demandant au juge fédéral John Kronstadt d'annuler une décision de juin qui restreignait leur droit d'aller fouiller ce que Disney, Universal et Warner Bros font eux-mêmes avec l'IA, selon le compte-rendu de Variety.

Le 15 juin, le magistrat Joel Richlin avait tranché que Midjourney ne pouvait obtenir de discovery que sur les applications d'IA « consumer-facing » des studios, jugeant leurs usages internes non pertinents pour la question de contrefaçon. Midjourney demande maintenant l'inverse : plans d'affaires IA, rapports de recherche, jeux d'entraînement, poids de modèles. L'argument juridique est double, fair use et surtout « unclean hands », la doctrine selon laquelle un plaignant qui commet lui-même le comportement qu'il reproche perd une partie de sa légitimité. Dans les mots de la motion cités par Variety, « If Plaintiffs are doing the very thing they seek to punish, that evidence goes to the heart of Midjourney's fair use and unclean hands defenses ».

La thèse assumée est celle du « tout le monde le fait » : si les studios développent en interne des modèles d'image « trained on unlicensed, third-party copyrighted data » pour storyboarder ou idéer du contenu, alors Midjourney soutient que télécharger et entraîner sur du contenu non licencié est une « industry custom ». C'est un renversement stratégique intéressant, parce qu'il transforme la boîte noire IA d'Hollywood en pièce du dossier plutôt qu'en secret industriel.

Les studios plaident l'inverse par la voix de leur avocat principal : leur demande, selon la citation reprise dans Variety, se limite à faire cesser la copie et la diffusion non autorisées de leurs personnages, Batman et Superman en tête. Autrement dit, ce que Midjourney fait avec les Avengers n'a rien à voir avec ce qu'un lab interne de Disney ferait dans un pipeline de prévisualisation.

La réserve honnête, c'est que la motion n'a pas encore été tranchée et qu'aucun élément public ne prouve pour l'instant qu'un studio entraîne des modèles sur du contenu non licencié. Le compte-rendu ne dit pas non plus quel calendrier Kronstadt se donne. À surveiller, malgré tout : si la discovery s'élargit, chaque autre défendeur IA en cours de procès aura un précédent procédural exploitable.

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