OpenAI, Anthropic, Google : une marche anti-IA à San Francisco
TL;DR
- Plus de 100 personnes ont défilé samedi 11 juillet 2026 d'OpenAI à Google en passant par Anthropic, dans les rues de San Francisco.
- L'organisateur, Michael Trazzi, 30 ans, avait déjà mené une grève de la faim en septembre devant les bureaux de Google DeepMind à Londres.
- Le cortège a fait un détour par le fonds Andreessen Horowitz, avec fanfare, camion à slushies et un participant en costume de Barney.
Samedi 11 juillet 2026, plus de cent personnes se sont rassemblées vers midi devant le siège d'OpenAI à Mission Bay, banderoles « QuitGPT » et « Stop The AI Race » en main, pour un cortège d'environ deux heures qui les a menées, sous escorte de la police de San Francisco à moto et en SUV, jusqu'aux bureaux d'Anthropic dans le centre puis à ceux de Google sur l'Embarcadero. La marche, rapportée par le San Francisco Standard, s'est jouée le 7/11 avec un camion à slushies et la fanfare St. Gabriel's Celestial Brass Band en clin d'œil à la date.
Ce qui rend la scène intéressante n'est pas la taille du cortège mais sa composition. L'organisateur, Michael Trazzi, 30 ans, avait déjà mené une grève de la faim en septembre devant les bureaux de Google DeepMind à Londres. Autour de lui, un mélange peu commun : Phillip Jeffries, 68 ans, retraité du quartier de Mission venu après avoir vu des tracts ; Rohan Prasad, 26 ans, ancien chercheur en sûreté de l'IA arrivé en costume de Barney via un bus organisé depuis Berkeley ; Erik Leklem, 52 ans, résident d'Oakland, avec sa femme et ses enfants de 4 et 7 ans. Fatima Hernandez, 21 ans, étudiante à San Francisco, regardait passer la marche depuis le trottoir.
Le trajet portait aussi un message. Entre OpenAI et Anthropic, les manifestants ont fait un détour délibéré par les bureaux d'Andreessen Horowitz sur Townsend Street : Trazzi a lancé « Marc Andreessen » au mégaphone, la foule a répondu « shame ». Signal que, pour une partie du cortège, la course qu'ils dénoncent se joue autant du côté des financeurs que des laboratoires. Les pancartes oscillaient entre le potache, comme « Stop the race, it's Paw-sible » avec un chien dessus, et l'existentiel, à l'image de ce père poussant une poussette avec la mention « Pls Do Not Kill Me ».
Ce que le reportage ne dit pas, c'est le versant institutionnel : OpenAI, Anthropic et Google n'ont pas répondu à la demande de commentaires du média, et l'on ignore le financement de la mobilisation comme son éventuelle cadence à venir. À ce stade, une centaine de personnes ne pèsent rien face aux effectifs des trois entreprises visées, et la portée reste symbolique.
Ce qu'un lecteur qui suit l'industrie devrait retenir, c'est plutôt la géographie. Pour la première fois documentée par ce média, une marche anti-IA a tracé une ligne continue entre les trois grands labos de San Francisco et un fonds d'investissement, avec familles, fanfare et costumes de dinosaure. Si cette configuration se stabilise, les équipes affaires publiques des labos ne pourront plus la traiter comme un incident isolé.
Article original publié par sfstandard.com
Lire l'article original →Titre original : « Freeze AI on Slushy Day » : plus de 100 manifestants anti-IA défilent le 7/11 devant OpenAI, Anthropic et Google à San Francisco