OpenAI, Anthropic : les patrons de l'IA blindent leur sécurité
TL;DR
- Un Texan de 20 ans, Daniel Moreno-Gama, est inculpé de tentative de meurtre après un cocktail Molotov lancé contre la maison de Sam Altman en avril.
- Un manifeste retrouvé chez le suspect, intitulé « Your Last Warning », appelait à tuer les PDG et investisseurs de l'IA avec noms et adresses.
- Selon un sondage Pew cité par le WSJ, la moitié des adultes américains disent être plus inquiets qu'enthousiastes face à l'IA, contre 37 % en 2021.
Un cocktail Molotov lancé contre la maison de Sam Altman à San Francisco en avril, un homme qui se présente cinq jours plus tard devant un vigile d'Anthropic avec une enveloppe évoquant l'assassinat d'un dirigeant, un conseiller municipal d'Indianapolis dont la maison est criblée de treize balles après un vote favorable à un data center. Le reportage du Wall Street Journal mis à jour le 15 juillet dresse un état des lieux qui n'est plus celui du harcèlement en ligne, mais d'attaques physiques bien réelles contre les acteurs de l'intelligence artificielle.
L'affaire Altman est la plus documentée. CNN rapporte que Daniel Moreno-Gama, un Texan de 20 ans, est inculpé de tentative de meurtre et de tentative d'incendie criminel après avoir lancé un engin incendiaire au domicile du patron d'OpenAI, puis s'en être pris à coups de chaise aux portes vitrées du siège de l'entreprise en disant vouloir « le brûler et tuer toute personne à l'intérieur ». Les enquêteurs disent avoir retrouvé un manifeste en trois parties, dont la première, intitulée « Your Last Warning », appelle à tuer les PDG et investisseurs de l'IA, avec noms et adresses à l'appui.
Ce n'est pas un cas isolé. Selon le WSJ, la police de San Francisco a répondu à plusieurs menaces contre des salariés d'OpenAI et d'Anthropic, et de nombreux dirigeants revoient leur dispositif de protection privée ainsi que la façon dont ils parlent de leurs produits à un public devenu méfiant. Le climat s'est effectivement retourné : un sondage Pew cité par le journal indique que la moitié des adultes américains sont désormais plus inquiets qu'enthousiastes face à l'IA au quotidien, contre 37 % en 2021, et un sondage Gallup de mai montre qu'une majorité s'oppose à l'installation d'un data center à proximité de chez eux.
La colère se déplace d'ailleurs des figures de la Silicon Valley vers les élus locaux qui approuvent les infrastructures. Une étude publiée en avril par le Combating Terrorism Center de West Point, reprise par le WSJ, résume la logique : « attaquer un data center revient à attaquer l'IA en tant que système ». L'exemple du conseiller Ron Gibson à Indianapolis, qui a retrouvé une note « No Data Centers » près des impacts de balles dans sa maison, illustre ce glissement.
La réserve honnête à faire est que les extraits accessibles du reportage documentent des incidents et un basculement du sentiment public, mais ne détaillent ni le chiffrage précis de la hausse des menaces numériques, ni la liste des labos concernés, ni les budgets sécurité engagés. Ce qui se dessine en revanche est clair pour toute entreprise qui construit des modèles ou des data centers : protection des cadres, communication publique et stratégie d'implantation locale ne sont plus trois sujets distincts à confier à trois équipes différentes.
Article original publié par wsj.com
Lire l'article original →Titre original : WSJ : les dirigeants de la tech renforcent leur sécurité personnelle face à la vague anti-IA, les menaces contre exécutifs et data centers ont septuplé de février à mai selon Liferaft