Oracle : la dette IA de Larry Ellison inquiète le NYT Magazine
TL;DR
- Selon le NYT Magazine, l'encours de dette d'Oracle a grimpé à environ 130 milliards de dollars, avec près de 50 milliards levés en obligations en février 2026.
- OpenAI s'est engagé à acheter environ 300 milliards de dollars de puissance de calcul à Oracle sur cinq ans pour alimenter le programme Stargate annoncé à 500 milliards sur quatre ans.
- Sur le site phare de Stargate à Abilene, lancé en juillet 2024 pour 1,2 GW en huit bâtiments, seuls trois seraient opérationnels selon le magazine.
Un long portrait publié le 31 juillet 2026 par le New York Times Magazine décrit Larry Ellison, 80 ans, comme un fondateur qui, selon le magazine, «was desperate not to get left behind in the A.I. gold rush». La thèse du papier tient en une phrase que le NYT reprend telle quelle: Ellison a poussé Oracle à devenir un «hyperscaler», l'une des rares entreprises capables de fournir la puissance de calcul qui fait tourner le boom.
Le pari repose sur une montagne de dette. D'après le magazine, l'encours d'Oracle a atteint environ 130 milliards de dollars, avec près de 50 milliards levés en obligations en février 2026 et une notation ramenée à BBB-, un cran au-dessus du «junk». En face, OpenAI s'est engagé, selon un contrat estimé à environ 300 milliards de dollars sur cinq ans, à louer la puissance produite par le programme Stargate, dont l'enveloppe annoncée avec l'administration Trump vise 500 milliards sur quatre ans. Ellison a par ailleurs donné environ 45 millions de dollars à un groupe soutenant la campagne 2024 de Trump, un point que Fortune avait déjà documenté.
Ce que soulève le magazine, et qu'il n'esquive pas, c'est le décalage entre le rythme de la dépense et celui de la mise en service. Sur le site phare d'Abilene, au Texas, lancé en juillet 2024 pour 1,2 GW en huit bâtiments, seuls trois seraient opérationnels aujourd'hui. À prendre comme rapporté, pas comme réglé: le NYT écrit surtout que «the growing risk is not just to Ellison and Oracle, but to the U.S. economy itself», et l'analogie avec Lehman Brothers commence à circuler dans les commentaires financiers autour du dossier.
Ce que le reportage ne donne pas, ce sont les marges attendues par Oracle sur le contrat OpenAI, le calendrier précis de reconnaissance du revenu Stargate, ou la réaction des grands actionnaires institutionnels. Pour un dirigeant qui suit le secteur, la vraie variable à surveiller n'est plus la course à l'IA elle-même mais la vitesse de montée en charge des sites Stargate. Si elle décroche, Oracle devient l'exemple que tout le marché citera pour parler de bulle IA. Si elle tient, Ellison aura réussi le rattrapage cloud le plus improbable de la décennie.
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Article original publié par nytimes.com
Lire l'article original →Titre original : NYT Magazine : plongée dans l'endettement massif d'Oracle et l'alliance Ellison-Trump-Stargate-OpenAI