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Proxima Fusion lève 411 M€ auprès de Google, RWE et XTX Ventures

TL;DR

  • Proxima Fusion boucle 411 M€ (≈468 M$) à une valorisation de 2,4 Md€, le plus gros tour privé jamais signé dans la fusion en Europe.
  • Le tour est mené par XTX Ventures et East X Ventures ; Google et RWE entrent comme investisseurs stratégiques, une première pour Google en fusion européenne.
  • L'essentiel financera Alpha, démonstrateur stellarator co-développé avec RWE et le Max Planck Institute, visant le gain net d'énergie au début des années 2030.

Selon Bloomberg, la start-up allemande Proxima Fusion vient de boucler 411 M€ (environ 468 M$) à une valorisation de 2,4 Md€, soit le plus gros chèque privé jamais signé pour un acteur fusion en Europe. Le tour est mené par XTX Ventures, le bras d'investissement du trader algorithmique londonien d'Alex Gerko, et par East X Ventures ; Google et l'électricien allemand RWE entrent comme investisseurs stratégiques. Pour Google, c'est le premier pari fusion sur le sol européen.

Ce qui rend le dossier intéressant tient à sa double géographie. L'entreprise, âgée d'à peine trois ans et qui a déjà cumulé plus de 650 M€ de financements dont 95 M€ de subventions publiques, concentrera l'essentiel de l'enveloppe sur Alpha, un démonstrateur stellarator co-développé avec RWE et le Max Planck Institute for Plasma Physics. Alpha vise le gain net d'énergie au début des années 2030 ; il précède Stellaris, la centrale commerciale que Proxima veut implanter à Gundremmingen, sur le site d'une ancienne centrale à fission actuellement démantelée par RWE. La réutilisation d'un site nucléaire déjà raccordé au réseau n'est pas un détail industriel.

Pour les investisseurs financiers, le lien avec l'IA n'est pas rhétorique. XTX Markets construit un vaste complexe de data centers pour alimenter ses propres modèles de deep learning, et c'est ce besoin en électricité stable qui a précipité son pivot vers l'énergie. Google, de son côté, avait déjà pris position dans la fusion aux États-Unis ; ce chèque est décrit comme son premier investissement dans une entreprise fusion européenne.

Ce que le reportage ne détaille pas est aussi parlant. On ignore la part exacte prise par Google et RWE, la structure d'éventuels droits d'enlèvement d'électricité, et le budget total d'Alpha au-delà de ce tour. Prenez les échéances comme rapportées, pas comme actées : la fusion a une longue tradition de calendriers qui glissent, et un stellarator de première génération reste un objet d'ingénierie magnétique redoutable.

Le vrai signal, pour un opérateur d'infrastructures ou pour une utility européenne, c'est que la fusion cesse d'être un dossier exclusivement financé outre-Atlantique. Un champion continental émerge, adossé à un électricien allemand, à un site nucléaire réel, à la recherche publique de Max Planck, et désormais à Google. C'est un point d'ancrage à suivre sur la carte européenne de l'énergie.