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PsiQuantum: $1 Md levés, $100 M CHIPS Act, Peng remplace O'Brien

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TL;DR

  • PsiQuantum a levé $1 milliard l'an dernier et attend $100 millions du CHIPS Act, ses puces étant fabriquées par GlobalFoundries à Malta, New York.
  • Jeremy O'Brien a quitté le poste de CEO en février, remplacé par Victor Peng, présenté comme un vétéran de l'industrie des semi-conducteurs.
  • L'objectif reste un million de qubits, avec un site australien à Moreton Bay promis opérationnel en 2027 et Lockheed Martin, Mercedes et Airbus comme clients.

Ce qui frappe dans le portrait que MIT Technology Review consacre à PsiQuantum, ce n'est pas la promesse d'un « million de qubits ». C'est le glissement de vocabulaire. On y parle moins de laboratoire et davantage de chaîne d'approvisionnement. Les puces sont fabriquées par GlobalFoundries à Malta, dans l'État de New York; l'entreprise a levé $1 milliard l'an dernier; et $100 millions de dotation CHIPS Act sont attendus, selon une annonce de mai relayée par le magazine.

Le signal le plus net est en interne. Jeremy O'Brien, l'un des quatre cofondateurs, a cédé le poste de CEO en février. Son successeur, Victor Peng, est décrit par l'article comme un vétéran de l'industrie des semi-conducteurs. On ne remplace pas un cofondateur historique par un patron issu du silicium par hasard, surtout quand on annonce dans le même temps un site à Moreton Bay en Australie promis « opérationnel », c'est-à-dire prêt côté hardware, en 2027, et un chantier à l'Illinois Quantum and Microelectronics Park près de Chicago. Côté clients, Lockheed Martin (design des matériaux), Mercedes (batteries) et Airbus figurent au tableau.

Le contexte DARPA cadre l'ambition, avec des précautions d'usage. L'ancien responsable du programme Joe Altepeter, qui se qualifiait publiquement de « quantum skeptic », déclarait en mars 2025 être « plus optimiste [qu'il] ne l'a jamais été ces dix dernières années ». Son successeur Micah Stoutimore va plus loin: il juge « désormais probable que quelqu'un construise un ordinateur quantique à l'échelle utile d'ici 2033 ». À prendre comme un pari argumenté par un responsable DARPA, pas comme un calendrier signé.

Ce que le reportage ne quantifie pas, c'est le taux d'erreur actuel sur les puces photoniques, la fraction de qubits déjà stabilisée face à l'objectif du million, ni les revenus tirés des partenariats industriels. La lecture prudente est simple: si PsiQuantum livre le site australien en 2027 dans les temps et démontre un jalon intermédiaire crédible, le pari photonique cesse d'être exotique et devient une option d'infrastructure. Les décideurs qui ont bâti leur feuille de route quantique autour d'IBM ou de Google auront intérêt à réévaluer cette voie avant cette échéance.