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Samsung et SK Hynix recrutent directement dans les lycées meister

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TL;DR

  • La Corée du Sud ajoute six lycées meister spécialisés semi-conducteurs et IA, avec 5 milliards de wons chacun, pour une ouverture en mars 2028.
  • Au Korea Semiconductor Meister High School, le ratio de candidatures est passé de 0,88 à 1,67 pour une place en un an.
  • 73 % des diplômés des lycées meister trouvent un emploi, contre 52,4 % pour les filières spécialisées classiques.

Jung Sung-chan a 19 ans et a reçu une offre d'emploi de Samsung Electronics comme ingénieur d'installation de puces avant même d'avoir quitté le lycée professionnel Pyeongtaek Meister. Ce n'est pas une exception : c'est précisément ce à quoi les lycées meister coréens sont conçus, comme le documente un reportage du New York Times paru fin juin. Ces établissements forment directement les techniciens que Samsung et SK Hynix recrutent à la sortie, sans passer par l'université.

La demande est en forte hausse des deux côtés. Le gouvernement a annoncé en juin 2026 la création de six nouveaux lycées meister spécialisés dans les semi-conducteurs et l'IA, dotés chacun de 5 milliards de wons sur deux ans, pour une ouverture en mars 2028, selon le Seoul Economic Daily, ce qui portera le réseau national à 65 établissements. Du côté des candidats, le ratio d'admission au Korea Semiconductor Meister High School de Gyeongju est passé de 0,88 à 1,67 pour une place en un an ; au Chungbuk Semiconductor High School, il atteint 2,26. Ces chiffres s'expliquent en partie par les débouchés : 73 % des diplômés meister trouvent un emploi, contre 52,4 % pour les filières spécialisées classiques.

La ministre de l'Éducation, Choi Kyo-jin, a résumé l'enjeu sans ambiguïté : "Former des talents dans les industries avancées est une tâche urgente dont dépend l'avenir de la nation." L'intégration entre formation et industrie est au coeur du modèle : Samsung et SK Hynix recrutent directement à la sortie de ces écoles, et des équipes d'experts soutiennent le développement des curricula dans chaque établissement.

Ce que le reportage laisse ouvert, c'est la robustesse du modèle face aux cycles du marché des puces. Une formation aussi ciblée expose les diplômés aux fluctuations de la demande. Le réseau meister reste encore limité en nombre et en couverture géographique, et on ne sait pas encore comment ces écoles s'adaptent si les priorités technologiques des grands industriels évoluent rapidement.