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SAP évite l'amende antitrust UE avec dix ans d'engagements

TL;DR

  • La Commission européenne accepte les engagements de SAP sur la maintenance ERP on-premise et clôt sans amende sa procédure antitrust ouverte en septembre 2025.
  • Les engagements sont juridiquement contraignants dix ans dans le monde entier, avec suppression des frais de réintégration et baisse des arriérés de maintenance.
  • Teresa Ribera avertit que la décision doit servir d'avertissement contre des pratiques similaires sur les marchés du cloud.

Ce n'est pas l'amende que Bruxelles agitait il y a moins d'un an, et c'est précisément ce qui rend la décision intéressante. La Commission européenne a accepté les engagements de SAP dans son enquête antitrust sur la maintenance et le support des logiciels ERP on-premise, selon Reuters. Ces engagements sont juridiquement contraignants, valables dans le monde entier pendant dix ans, et closent la procédure ouverte en septembre 2025.

Concrètement, l'éditeur allemand s'engage à laisser ses clients choisir un prestataire hors SAP pour chaque partie de leur système ERP, à clarifier les conditions de résiliation de licence, à proposer une méthode alternative de calcul des redevances de licence sur lesquelles se calent ensuite les frais de maintenance et de support, et à supprimer les frais de réintégration tout en abaissant les arriérés de maintenance pour les clients qui reviennent après un passage chez un tiers. C'est cette combinaison, sortir sans pénalité et rentrer sans facture punitive, qui déverrouille réellement le marché du support tiers.

Pourquoi cela compte au-delà des directions achats des grands comptes: le calendrier tombe alors que les entreprises encore sur ECC et Business Suite 7 approchent l'échéance de 2027 pour la fin de la maintenance standard, comme le souligne CIO Dive. Les DSI qui repoussent leur migration gagnent une marge de négociation immédiate, et les acteurs du support tiers voient s'ouvrir légalement une porte que SAP tenait entrouverte à ses propres conditions.

La commissaire européenne à la concurrence Teresa Ribera a d'ailleurs prévenu que la décision devait servir d'avertissement contre des pratiques similaires sur les marchés du cloud, où les clients migrent de plus en plus. Le message dépasse SAP.

La réserve honnête: la décision porte sur la maintenance de l'ERP on-premise, pas sur les offres cloud. Ce que le reporting ne dit pas non plus, c'est comment la Commission vérifiera concrètement l'application des engagements sur dix ans, ni combien de clients basculeront réellement vers un support tiers plutôt que d'utiliser la nouvelle latitude comme simple levier tarifaire. Reste que pour un DSI en pleine renégociation de contrat SAP cette semaine, le rapport de force vient de bouger.