SemiAnalysis étrille Meta : Rivos, Ariel et Grand Teton ratés
TL;DR
- Meta aurait injecté plus de 2,5 milliards de dollars dans Rivos avant de licencier environ 30% des ingénieurs de la start-up, selon SemiAnalysis.
- La config sur-mesure Ariel (NVL36x2) afficherait un TCO 14% supérieur au GB200 NVL72 standard, et ne sera pas reconduite sur les serveurs GB300.
- Le MI450X custom livré à Meta perdrait la moitié du silicium de calcul par package et passerait d'un HBM4 12-Hi à un 8-Hi, selon la publication.
Un long réquisitoire de SemiAnalysis contre l'organisation Infrastructure de Meta, publié dans la newsletter éponyme, suggère que plusieurs paris silicium récents du groupe partent de travers en même temps, et que la note est déjà salée.
Le cœur du dossier, c'est le rachat de Rivos. SemiAnalysis évoque « more than $2.5 billion » injectés l'an dernier, suivis du départ d'environ 30% des ingénieurs de la start-up lors de vagues de licenciements. Le co-fondateur Mark Hayter serait déjà parti, le PDG Puneet Kumar « eyeing up an exit in a year or two », et une partie des anciens Rivos aurait rejoint Nuvacore, la nouvelle pousse silicium de Gerard Williams. Le premier chip, « Olympus », a été annulé; son successeur « Phoebe » n'est pas prévu au tape-out avant 2028, et certains, selon la publication, pensent qu'il pourrait connaître le même sort.
Côté systèmes, SemiAnalysis reproche au design Grand Teton d'avoir alourdi le serveur H100 d'un « switch tray » avec quatre commutateurs PCIe Broadcom, seize SSD et huit NIC, plus huit SSD supplémentaires par serveur, avant d'être finalement annulé. La config sur-mesure Ariel pour GB200, un B200 associé à un Grace CPU en format NVL36x2, afficherait un TCO 14% plus élevé que le NVL72 standard, décision qui aurait « cost Meta billions of dollars » et qui n'est pas reconduite sur les futurs GB300. Enfin, la version custom du MI450X d'AMD arriverait à Meta avec la moitié du silicium de calcul par package et un HBM4 rétrogradé de 12-Hi à 8-Hi, ce qui, selon la publication, va « nuke AMD's volume at Meta ».
Le tableau reste unilatéral. SemiAnalysis pointe Yee Jiun Song, patron du silicium chez Meta, décrit une organisation « extremely political » et un cycle de revue tous les six mois où les 10 à 15% du bas sont écartés, mais Meta n'a pas répondu publiquement et le rapport ne dit pas quelle part du fleet GB200 restera opérationnelle, ni ce que deviennent les workloads de recommandation qui justifiaient à l'origine ces ratios exotiques. À prendre donc comme le point de vue d'une publication de recherche, pas comme des chiffres audités.
Ce qu'il faut retenir malgré ces réserves, c'est que si le diagnostic est même à moitié juste, ce sont Nvidia et Broadcom qui continueront de capter la valeur pendant que le silicium maison de Meta accumule les retards, et les hyperscalers concurrents auront une fenêtre confortable pour recruter les ingénieurs qui ont déjà commencé à quitter le navire.
Article original publié par semianalysis.com
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