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Silicon Valley marche sur des œufs face à Trump sur l'IA

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TL;DR

  • Des conseillers de l'industrie IA confient à Politico qu'ils craignent de réclamer des règles formelles par peur de représailles directes.
  • La Maison Blanche a imposé le 12 juin des contrôles à l'exportation sur les modèles d'Anthropic ; Fable 5 reste bloqué sans explication officielle.
  • L'industrie prépare en coulisses une demande coordonnée de cadre formel plutôt que de faire pression publiquement sur la Maison Blanche.

Il y a une ironie assez frappante dans le reportage de Politico de ce vendredi : l'industrie de l'intelligence artificielle, qui a soutenu massivement Donald Trump en espérant moins de régulation, réclame aujourd'hui des règles formelles. Mais elle se retient de le dire trop ouvertement.

Des conseillers en politique IA ont confié au journal que le secteur a l'impression de marcher sur des œufs. La raison est simple : les entreprises craignent qu'un lobbying trop agressif n'entraîne des contrôles à l'exportation ou d'autres représailles réglementaires. Les dirigeants estiment que l'approche au cas par cas de l'administration est plus dommageable que tout ce que l'administration Biden avait proposé.

L'épisode Anthropic illustre concrètement ce risque. Le 12 juin, après que le PDG d'Amazon a soulevé des préoccupations de sécurité auprès du secrétaire au Trésor, la Maison Blanche a imposé des contrôles à l'exportation sur les modèles Mythos 5 et Fable 5 d'Anthropic. Vendredi, l'administration a partiellement levé l'interdiction, permettant à Mythos 5 d'être partagé avec plus de 100 entreprises approuvées. Fable 5, lui, reste bloqué pour des raisons que le gouvernement n'a pas expliquées.

En arrière-plan, l'industrie coordonne discrètement une demande de cadre formel sur l'IA avancée. Un responsable d'OpenAI a indiqué à Politico que le secteur s'attend à ce que l'administration finalise bientôt le décret du 2 juin, qui demande aux entreprises de soumettre leurs modèles à un examen de trente jours avant leur publication. David Sacks avait pourtant averti le président que cette procédure risquait de fonctionner comme un régime de facto de licences et qu'une administration future pourrait la rendre obligatoire.

Ce que le reportage ne dit pas, c'est si ce lobbying discret a la moindre chance d'aboutir à un texte stable, ni qui au sein de la Maison Blanche serait réceptif à cette demande. Pour l'heure, les entreprises disposant d'accès informels à l'exécutif semblent naviguer plus efficacement que celles qui plaident publiquement.