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Trump ouvre à l'ONU un nouveau front contre le DSA européen

TL;DR

  • Devant l'Assemblée générale de l'ONU, Donald Trump a appelé les États à « défendre la liberté d'expression », prolongeant sa campagne contre le Digital Services Act.
  • Le 4 août 2025, le Département d'État a instruit ses ambassades européennes de construire une opposition diplomatique au DSA, loi européenne de 2022.
  • Peu avant Noël 2025, Washington a banni cinq figures européennes de la régulation en ligne, dont l'ancien commissaire Thierry Breton, provoquant la condamnation d'Emmanuel Macron.

Le dossier de la « liberté d'expression » est passé cette année du registre rhétorique à celui de l'action diplomatique. Devant l'Assemblée générale de l'ONU, Donald Trump a appelé les nations à « defend free speech and free expression », dans une allocution que Politico Europe rattache à un projet plus large ciblant les régulations européennes du numérique.

Le contexte donne à cette sortie tout son poids. Selon l'Atlantic Council, le Département d'État a instruit ses ambassades européennes, le 4 août 2025, de construire une opposition au Digital Services Act, loi européenne de 2022 imposant aux grandes plateformes de limiter la diffusion de contenus illégaux ou nuisibles. Le télégramme demande aux diplomates américains de plaider pour une définition plus étroite de la notion de « contenu illégal ». En amont, un mémorandum présidentiel de février 2025 avait déjà chargé l'administration de recenser les politiques européennes qui « incitent les entreprises américaines » à des pratiques jugées attentatoires à la liberté d'expression.

Puis, peu avant Noël 2025, le pas a été franchi. Comme le rapporte Fortune, le secrétaire d'État Marco Rubio a banni des États-Unis cinq figures européennes de la régulation en ligne — l'ancien commissaire européen Thierry Breton, Imran Ahmed, Josephine Ballon, Anna-Lena von Hodenberg et Clare Melford — Washington affirmant qu'il « ne tolérera plus ces actes flagrants de censure extraterritoriale ». Emmanuel Macron a condamné sur X ces restrictions de visa, y voyant une « intimidation et coercition visant à saper la souveraineté numérique européenne ».

Ce que la couverture disponible ne précise pas encore, c'est le texte exact du projet de déclaration onusienne, ni le nombre d'États prêts à le co-signer : prudence, donc, sur son poids diplomatique réel et sa capacité à peser sur l'application du DSA par la Commission. Ce qui est clair, en revanche, c'est le glissement du dossier vers l'arène multilatérale. Pour les plateformes américaines, cela ouvre un levier de négociation inédit ; pour Bruxelles, un test grandeur nature de la crédibilité de son arsenal numérique face à un partenaire devenu adversaire réglementaire.