UE : Google doit ouvrir 11 fonctions Android aux IA rivales
TL;DR
- La Commission européenne exige de Google qu'il ouvre 11 fonctions d'Android à des assistants IA rivaux comme ChatGPT et Claude.
- Sous l'article 6(11) du DMA, Google devra partager avec ses concurrents ses données Google Search anonymisées à des conditions FRAND.
- Les utilisateurs verront les changements Android arriver en juillet 2027 ; le partage des données Search doit être opérationnel dès janvier 2027.
La Commission européenne a publié le 16 juillet ses deux décisions de spécification sous le Digital Markets Act contre Google, à onze jours de la deadline statutaire du 27 juillet. Selon The Verge et CNBC, Google devra ouvrir onze fonctions d'Android aux assistants IA rivaux et partager avec des concurrents ses données Google Search anonymisées à des conditions FRAND.
Côté Android (dossier DMA.100220, article 6(7)), l'idée est que ChatGPT, Claude ou tout autre assistant tiers puisse être invoqué à la voix comme on lance aujourd'hui 'Hey Google', et accéder aux mêmes hooks système que Gemini pour, par exemple, réserver un taxi ou chercher un lieu. Côté Search (dossier DMA.100209, article 6(11)), les moteurs concurrents et surtout les chatbots IA obtiennent l'accès aux données de ranking, requêtes, clics et vues que Google Search est aujourd'hui seul à collecter à grande échelle.
Teresa Ribera, la commissaire chargée de la concurrence, a résumé la logique de la Commission : « We want to maximise the potential and the benefits of this profound technological shift by making sure the playing field is open and fair, not tilted in favour of the largest few. » Le calendrier compte autant que le principe : les utilisateurs verront les changements Android arriver dans la prochaine itération de l'OS en juillet 2027, tandis que les moteurs et chatbots tiers devront pouvoir accéder aux données Search dès janvier 2027.
La caveat honnête, c'est que la Commission a assorti l'ouverture d'Android de garde-fous 'sécurité et confidentialité' que seuls les tiers remplissant les critères pourront franchir, ce qui laisse à Google une marge de filtrage réelle. Google fait par ailleurs déjà valoir publiquement que le partage forcé de données Search bénéficierait aux scammers. Ce que le reporting ne précise pas encore, c'est la liste exacte des onze fonctions Android concernées, la grille FRAND retenue pour valoriser les données, ni le mécanisme qui tranchera un désaccord entre Google et un candidat tiers.
Pour les équipes produit IA en Europe, la fenêtre s'ouvre néanmoins : concevoir dès maintenant une expérience assistant natif sur Android sans dépendre du bon vouloir de Google, et ranker sur des signaux Search jusque-là hors de portée, cesse d'être un pari et devient une option planifiable.
Article original publié par theverge.com
Lire l'article original →Titre original : Bruxelles émet ses deux décisions DMA contre Google : ouvrir Android aux assistants IA rivaux et partager les données Search avec chatbots concurrents