Ukraine privilégie l'IA on-premise, cite l'épisode Anthropic
TL;DR
- Roman Kyslyi, Chief AI Officer du ministère ukrainien de la Transformation numérique, dit à Reuters que Kyiv choisira des modèles auto-hébergés pour l'État, les entreprises et l'armée.
- La décision a été renforcée après que Washington a ordonné à Anthropic de couper l'accès à ses modèles les plus puissants.
- Ukraine développe avec Kyivstar un modèle fondé sur Gemma de Google, attendu à l'automne, après comparaison avec Mistral et le GPT-OSS d'OpenAI.
Kyiv vient de poser une règle claire sur l'IA que ses administrations, ses entreprises et son armée utiliseront : elle doit pouvoir tourner sur des serveurs ukrainiens, pas rester sous le contrôle d'un fournisseur à distance. Selon Reuters, Roman Kyslyi, Chief AI Officer du ministère de la Transformation numérique, présente cette préférence pour les modèles auto-hébergés, ou « on-premise », comme la nouvelle ligne directrice des choix publics en matière d'IA.
Le déclencheur cité par Kyslyi est concret. Après que le gouvernement américain a ordonné à Anthropic de couper l'accès à ses modèles les plus puissants, la position ukrainienne s'est durcie. « It confirms that AI sovereignty isn't just a defensive talking point, it's a necessity », déclare-t-il à Reuters. La règle qu'il pose est simple : si un fournisseur accepte que son modèle tourne sur l'infrastructure ukrainienne, il n'y a « no restrictions ». Et il insiste : « the model is essentially a commodity ».
En pratique, l'assistant IA de l'application gouvernementale Diia fonctionne aujourd'hui sur Gemini de Google, accédé via des serveurs situés dans l'Union européenne, avec des tokens fournis gratuitement par Google et des données personnelles retirées des requêtes avant envoi. Cette configuration est présentée comme « intérim ». En parallèle, le ministère et l'opérateur Kyivstar développent un modèle bâti sur Gemma, la variante ouverte de Google, retenue après comparaison avec les modèles Mistral et le GPT-OSS d'OpenAI. Livraison visée à l'automne, pour un usage qui couvrira les services publics, les entreprises privées et l'armée.
La caveat honnête est que le reportage ne détaille pas la capacité de calcul dont dispose Kyiv pour opérer Gemma à cette échelle, ni les performances comparées mesurées face aux modèles distants sur des cas d'usage sensibles comme le militaire. Reste que la doctrine, elle, est explicite : dans un pays en guerre, un partenaire commercial capable de fermer l'accès à distance est traité comme un risque opérationnel. Les gagnants naturels de ce cadre sont l'écosystème open source, Google via Gemma, Mistral et GPT-OSS, et tout fournisseur prêt à céder le contrôle d'exécution au client plutôt qu'à le garder en levier.
Article original publié par reuters.com
Lire l'article original →Titre original : Kyiv refuse toute IA « débranchable à distance » : l'Ukraine impose l'on-premise à ses agences et à sa défense