Von der Leyen propose un âge légal d'accès aux réseaux sociaux
TL;DR
- Ursula von der Leyen présentera aux États membres, après l'été 2026, un paquet législatif fixant un âge d'accès aux réseaux sociaux.
- Le plan est graduel : aucun écran avant 3 ans, accès supervisé et limité jusqu'à 13 ans, vérification d'âge élargie ensuite.
- La Commission cite 4 à 6 heures d'écran par jour et près de 60 % de jeunes enfants touchés par des problèmes émotionnels en ligne.
Ursula von der Leyen a formalisé ce 13 juillet une étape que la Commission européenne évitait de trancher publiquement : elle dit être convaincue par l'idée d'un âge minimum légal d'accès aux réseaux sociaux. Selon Euronews, la présidente de la Commission présentera aux États membres, après la pause estivale, un paquet articulé autour d'un « social media start date » légalement encadré, d'une vérification d'âge élargie et d'une responsabilité renforcée des plateformes.
Le cadre proposé est graduel plutôt qu'uniforme. Avant 3 ans, aucun écran. Entre 3 et 13 ans, un accès uniquement sous supervision adulte et pour des durées limitées. Au-delà, l'idée est d'imposer une preuve d'âge à l'entrée. Von der Leyen a résumé sa position d'une phrase, « Social media is not a toy », avant de poser une règle plus générale, « whoever develops a product is responsible for its safety ». C'est cette bascule d'une responsabilité familiale vers une responsabilité produit, avec un « duty of care » demandé aux plateformes, qui structure tout le projet.
Les chiffres cités méritent d'être pris tels que rapportés par la Commission, pas comme des données consolidées. Les jeunes passeraient 4 à 6 heures par jour devant les écrans, et près de 60 % des jeunes enfants auraient été confrontés à des problèmes émotionnels ou psychosociaux en ligne. Le professeur Jörg Fegert, de l'Université d'Ulm, recommande une « EU-wide harmonisation » d'une restriction d'accès pour les « social media+ » sous 13 ans, définis par la présence de scroll infini, d'autoplay et de notifications persistantes. La co-auteure Dr Maria Melcior a rappelé que les dangers potentiels sont, selon elle, aussi grands que les opportunités.
Ce que le compte-rendu ne donne pas encore, c'est ce qui décidera de la portée réelle du texte : quel mécanisme technique de vérification sera retenu, quel régime de sanctions accompagnera l'obligation, et si les messageries privées et les jeux entrent dans le périmètre ou si seuls les flux algorithmiques sont visés. Le calendrier lui-même reste large, « après l'été », sans date de dépôt formel.
Pour les plateformes visées, l'échéance politique est claire même si la loi ne l'est pas encore : elles ont quelques mois pour montrer qu'un onboarding jeunesse peut être vérifié sans exiger l'identité complète de chaque utilisateur, faute de quoi le débat basculera entièrement du côté du législateur. Les fournisseurs d'outils de vérification d'âge et les acteurs de l'identité numérique européenne, eux, ont probablement gagné leur trimestre.
Article original publié par euronews.com
Lire l'article original →Titre original : Ursula von der Leyen annonce une proposition européenne de « date d'entrée sur les réseaux sociaux » pour les mineurs après l'été