wheresyoured.at via Hacker News

Zitron : OpenAI et Anthropic pèsent 73 % des revenus IA d'Amazon

TL;DR

  • Selon Barclays, Anthropic et OpenAI représenteraient 73 % des revenus IA d'Amazon en 2026 et 2027, puis 75 % en 2028.
  • UBS estime que les deux labos pèseraient 28 % des revenus 2026 de Google Cloud et plus de 48 % en 2027.
  • Amazon prévoit 220 Md$ de capex en 2026 et Microsoft a dépensé 115,9 Md$, dont 41 Md$ sur le seul dernier trimestre.

Ed Zitron a publié sur son blog Where's Your Ed At un long réquisitoire chiffré contre ce qu'il appelle la « bulle de la demande IA ». Le cœur de la démonstration tient en une phrase qu'il assume à découvert : quand on retire les dépenses de compute d'Anthropic et d'OpenAI, il n'est pas convaincu que Google, Microsoft et Amazon aient vraiment une activité IA.

Les chiffres qu'il mobilise viennent de trois notes d'analystes de banques d'investissement. Ross Sandler chez Barclays estime qu'Anthropic et OpenAI représenteraient 73 % des revenus IA d'Amazon en 2026 et 2027, puis 75 % en 2028. Stephen Ju chez UBS avance que les mêmes deux labos, additionnés à une part marginale de Meta, pèseraient 28 % des revenus 2026 de Google Cloud et plus de 48 % en 2027. Michael Turrin chez Wells Fargo aboutit à un ordre de grandeur voisin pour Microsoft, avec « 70 % ou plus » de la ligne IA portée par ces deux mêmes clients. Trois maisons, trois méthodologies, un même verdict : la croissance IA des hyperscalers est concentrée sur un tout petit nombre d'acheteurs.

En face, le capex ne ralentit pas. Amazon prévoit 220 milliards de dollars d'investissements en 2026. Microsoft a dépensé 115,9 milliards sur son exercice, dont 41 milliards sur le seul dernier trimestre, un chiffre trimestriel qui dépasse à lui seul l'estimation annuelle de ses revenus IA. C'est le socle de la thèse dite « circulaire » de Zitron : les hyperscalers investissent en direct dans OpenAI et Anthropic, ces derniers utilisent ce cash pour acheter du compute, et ce compute est ensuite comptabilisé comme revenu IA du même hyperscaler. Selon ses mots, les hyperscalers soutiennent leurs plus gros clients en leur donnant un cash qui finit par revenir dans leurs propres caisses.

Le caveat honnête est que la démonstration s'appuie sur des projections d'analystes, pas sur des comptes audités, et qu'aucun des trois géants ne publie la ventilation client de sa ligne IA. Ce que le papier ne tranche pas, c'est ce que devient réellement cette courbe si l'un des deux labos décélère ses achats, et à quelle échéance les analystes révisent alors leurs modèles.

Pour un dirigeant qui construit sa stratégie cloud sur cette trajectoire, l'intérêt n'est pas d'adhérer entièrement à Zitron, mais d'utiliser sa grille : combien de mes fournisseurs racontent une croissance IA dont la base client tient à deux entreprises encore déficitaires ?

Shared on Bluesky by 1 AI expert