Frédéric Mazzella lance Fred24, son clone IA facturé 399 €
TL;DR
- Frédéric Mazzella, cofondateur de BlaBlaCar, commercialise Fred24, un assistant IA entraîné sur vingt ans d'expérience entrepreneuriale, avec voix synthétique.
- L'abonnement est fixé à 399 euros hors taxes pour six mois ou 699 euros hors taxes pour douze mois, après une dizaine de questions gratuites.
- Fred24 est construit avec Miria, plateforme fondée en octobre 2025 par Louis Bordeau, Noé Campo et Paul Gee, qui héberge déjà 27 profils.
Peut-on transformer vingt années d'expérience entrepreneuriale en un assistant disponible à toute heure ? La question, posée en ouverture par Maddyness, résume assez bien ce que Frédéric Mazzella, cofondateur de BlaBlaCar, tente de vendre avec Fred24. Le service laisse tester une dizaine de questions gratuitement via un chatbot, puis bascule sur un abonnement facturé 399 euros hors taxes pour six mois ou 699 euros hors taxes pour douze mois. Les échanges se font en texte ou en voix, avec une voix synthétique qui imite celle de Mazzella, entraînée sur ses conférences, ses écrits, ses interviews et des contenus privés.
Ce qui rend l'histoire intéressante, ce n'est pas Fred24 seul mais l'usine qui le produit. Fred24 est développé avec Miria, une plateforme spécialisée dans la création d'IA personnalisées pour dirigeants, entrepreneurs, experts et créateurs, fondée en octobre 2025 par Louis Bordeau, Noé Campo et Paul Gee. Miria s'appuie sur Mistral AI et Gradium, et héberge déjà 27 profils, dont ceux de Jean de la Rochebrochard chez Kima Ventures et de Guillaume Moubeche chez Lemlist. Le catalogue doit être complété par Jean-Pierre Nadir, fondateur d'Easyvoyage. En parallèle, Éric Larchevêque, cofondateur de Ledger, propose son clone via SKL Club, et Jacques Pommeraud, PDG d'Inetum, a lancé le sien.
Ce basculement de la notoriété d'entrepreneur en produit SaaS a un précédent américain que l'article prend soin de citer. Delphi, une startup basée aux États-Unis, a levé 16 millions de dollars en série A menée par Sequoia Capital en juin 2025, après un premier tour de 2,7 millions de dollars mené par Founders Fund. Le pari implicite est le même des deux côtés de l'Atlantique : le mentorat de fondateurs, historiquement rare et cher, peut devenir un abonnement récurrent si l'on accepte que la réponse vienne d'un modèle plutôt que d'un humain.
Ce que le reportage ne donne pas, ce sont les chiffres qui trancheraient. On ignore combien d'abonnés payants Fred24 compte, quelle part du prix revient au fondateur cloné et quelle part à Miria, et quelles garanties existent si le modèle se trompe sur une situation d'entrepreneur qui l'écoute. La citation retenue par Mazzella lui-même, « je vois l'impact que quelques conseils adaptés peuvent avoir sur l'efficacité et la confiance qu'ils développent ensuite », reste une promesse commerciale, pas une preuve d'efficacité.
Le point à surveiller pour les autres figures de la French Tech est plus prosaïque : si Miria signe vite les profils encore libres, elle devient l'infrastructure par défaut d'un marché francophone que Delphi regarde déjà avec 16 millions de dollars de munitions.
Article original publié par maddyness.com
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