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Ioannidis : les licornes IA signent 1 papier IA sur 1000 en 2025

TL;DR

  • Selon un preprint bioRxiv du 16 juillet, plus de la moitié des 317 licornes IA recensées n'ont jamais joué de rôle de premier plan dans un article ou un preprint.
  • Cumulées, ces sociétés valorisées plus d'un milliard de dollars ne représentent qu'un article IA sur 1000 publiés en 2025.
  • Les 5 % de firmes les plus actives concentreraient plus de 90 % des citations, selon le résumé qu'en donne Science.

Un preprint mis en ligne le 16 juillet sur bioRxiv, repéré par Science, avance un constat inconfortable pour un secteur qui promet de réécrire la recherche : plus de la moitié des licornes IA n'ont jamais joué de rôle de premier plan dans un article scientifique ou un preprint. Cumulées, elles ne pèsent qu'un article IA sur 1000 publiés en 2025.

L'équipe autour de John Ioannidis, métascientifique à Stanford, a recensé 317 licornes IA existant entre 1998 et 2025 et regardé ce qu'elles avaient effectivement publié. Une longue queue d'entreprises n'apparaît nulle part dans la littérature, tandis que le haut du panier concentre l'essentiel de l'activité : les 5 % de firmes les plus actives représentent plus de 90 % des citations, selon le résumé qu'en donne Science.

Ioannidis n'en est pas à son premier signal de ce type. Il avait été, en 2015, le premier à pointer publiquement l'absence d'études évaluées par les pairs chez Theranos, et il étudie depuis la manière dont les licornes, en biotech notamment, engagent la littérature scientifique. Sa formule ici : « For a field that is supposedly reshaping science and is so advanced in terms of scientific potential, not having any scientific documentation seems like a very weird paradox. » L'inquiétude opérationnelle est plus directe : « How can you judge that what they say is real, validated, and reproducible? »

Pourquoi ça compte au-delà du débat académique : sans publication, une bonne partie des évaluations extérieures que voudraient mener régulateurs, acheteurs et chercheurs, sur l'efficacité réelle, la consommation énergétique ou la sécurité, reposent sur ce que les entreprises acceptent de dire d'elles-mêmes.

Le contrepoint honnête vient de Mohamed Abdalla, éthicien de l'IA à l'université de l'Alberta, cité dans l'article : « It's not the company's job to advance science. » Autrement dit, ce que le preprint mesure est peut-être moins un manquement scientifique qu'un effet des incitations commerciales. Il faut prendre les chiffres comme reportés à ce stade, le texte n'ayant pas encore été évalué par les pairs. Ce que la lecture ne donne pas non plus, c'est le nom précis des licornes qui n'ont jamais publié, ni leur ventilation par pays ou par sous-domaine. Pour les acheteurs enterprise et les autorités appelées à statuer sur ces systèmes, la question opérationnelle reste : sur quelles preuves externes s'appuyer quand la trace scientifique est aussi mince.